Introduction au monde du double

L’expérience chamanique ne peut être comprise si l’on ne comprend pas la notion du double. Si l’animisme fait partie du chamanisme, il n’est pas le chamanisme. Certes, le chamanisme reconnaît une âme aux êtres animés et aux choses inanimées. Mais, de plus, il intègre la très complexe notion du double, de l’autre monde. Sujet qui mérite un ouvrage en entier. Disons simplement qu’en complément parfois antagoniste mais toujours complémentaire coexistent notre monde et un autre monde. Chacun de ces mondes s’ouvre et se ferme tour à tour, mais ils sont toujours imbriqués l’un dans l’autre.

Bien entendu chacun de ces mondes possède ses propres lois, son mode opératoire. Notre monde étant incarné, il est plus grossier, plus lourd et plus tributaire de l’espace et du temps. De même que nous avons un corps physique, nous avons un corps subtil, notre double qui se trouve donc très sensible aux messages de l’autre monde. De même, notre corps subtil peut nous permettre de nous accorder à l’autre monde et de communiquer avec lui. Dans la tradition Nordique, il existe d’ailleurs tout un code pour décrire cette communication. Cette philosophie est également centrale chez les Celtes.

Le passage de la vie à la mort est d’ailleurs perçu comme un passage vers l’autre-monde. Le monde des vivants et des morts étant imbriqués l’un dans l’autre explique la force du culte des ancêtres fondement même du chamanisme. Cette notion de culte des ancêtres est fondamentale, elle est universelle dans le chamanisme : Australien, Polynésien, Mongol, Altaïque, Sibérien, Nord Euro-asiatique, Américain. Justifiant en cela tous les rites, les cérémonies, les gestes, les actes autour des anciens. Les anciens participent à la vie : ils sont les enseignants, la sagesse, la connaissance, la transmission.

Si notre monde est régi par des lois sociales, religieuses, scientifiques, philosophiques, il est habité par les hommes, les animaux, les plantes, les pierres. Par contre il peut être visité par les habitants de l’autre monde. Les morts, les dieux, les Ases, les Vanes, les Alfes, les Dises, les Nains, les Géants, les Nornes, les Esprits, les Âmes égarées et autres Trolls , Farfadets, Fées, etc….

Les animaux alliés dans le chamanisme Nordique

Comme tout univers chamanique, l’ère du chamanisme nordique comprend une relation privilégiée avec les animaux. Dans la pensée chamanique, l’homme est alter ego de l’animal, celui-ci étant souvent une aide, et un enseignement. L’animal à d’autant plus de puissance, de pouvoir, qu’il est libre. Domestiqué, il perd de sa force, il est moins relié au sacré. Un animal libre possède sa capacité à vivre sa vie et à expérimenter la vie. Il est en union avec le grand mystère de la vie, ce mystère passe à travers lui. Les chamanistes savent bien cela, notamment la haute valeur d’être relié psychiquement à la médecine d’un animal.

Quels peuvent être les animaux alliés ?

Dans l’espace Nordique, le chamanisme intègre bien sûr tous les animaux mais certains sont plus susceptible d’apporter à l’heureux élu une puissance nécessaire à son expérience chamanique : cerf (et famille des cervidés), sanglier, aigle, corbeau, chat, ours, saumon, baleine, porc, cheval, serpent, dauphin). Ainsi sont présentés dans cet ordre :


LE CERF

De par sa ramure, le cerf est primordial dès les origines du chamanisme. Sur les parois des grottes des premiers hommes, on peut voir peints des chamans coiffés de la ramure du cerf. Le cerf représente l’Arbre de vie. Sa ramure par son renouvellement périodique évoque l’éternel recommencement des choses, les différents cycles naturel et spirituels. Il est l’image du renouveau, de la fécondité. Il est symbole de création, de l’arrivée du jour, de la lumière, du printemps, du soleil, de l’Est. Il est alors messager du sacré. Associé au dieu Cernunnos, en Gaule où il a valeur de rayonnement divin et d’abondance. De plus, il est considéré comme le maître des animaux.


LE SANGLIER

Le symbolisme du sanglier nous renvoie à des origines très anciennes, voire extra humaines. Cet animal sauvage, habitant des forêts donc des espaces sacrés chamaniques représente l’autorité spirituelle. Cet animal possède la capacité d’assurer à la fois une vie familiale, groupale et en même temps une capacité à vivre en solitaire. Cet aspect rappelle la retraite spirituelle de l’initié. Mais si le sanglier représente l’autorité spirituelle, il est en même temps représentatif de la terre originelle, primordiale.

Le sanglier évoque, le courage, la témérité ; la terre, le spirituel, la retraite spirituelle, l’image d’une nouvelle existence, la persévérance, le sanglier se nourrit des arbres sacrés : glands du chêne, pommier.


L’AIGLE


Avec l’aigle nous rencontrons un symbole universel. Souvent associé à la direction Est, la lumière, le jour qui se lève. À la lumière solaire qui s’élève. De nombreux empires ont pris et utilisé l’image de l’aigle en tant que symbole solaire, guerrier, de domination, mais aussi par son aspect d’inaccessibilité. Mais pour les traditions chamaniques, l’aigle est celui qui vole le plus haut. Il est le plus près du Grand Esprit, du Grand Mystère. À ce titre, il est le plus apte à transmettre au grand esprit les prières des humains.

Il est reconnu que l’aigle possède une vue perçante, et des grandes hauteurs, il contemple le monde par en haut avec finesse. Il est seul à oser regarder le soleil en face. Peut être est-ce pour cela qui est le symbole primitif du père. La richesse de son symbolisme et de ses pouvoirs est si puissante que l’on retrouve l’aigle dans toutes les dimensions spirituelles et temporelles. Beaucoup, ont voulut s’attribuer ses pouvoirs et beaucoup s’y sont brûlés. Il permet la régénération spirituelle aux coeurs purs et courageux.

Dans les traditions amérindiennes, la plume d’aigle se mérite. Ses ailes déployées évoquent les éclairs, la foudre et par là même l’aspect tant inexorable que foudroyant de l’illumination spirituelle, ainsi que le décret implacable du ciel. Il évoque aussi son aspect fertilisant et fécondant.

Il est dit antagoniste du serpent, exprimant par là l’antagonisme entre le Ciel et la Terre, entre les aspects sombres et les aspects lumineux de l’être.

Sa forme stylisée devient la croix.

L’aigle nous prévient aussi qu’il nous faut prendre garde à notre volonté de puissance qui, exagérée, va nous consumer.


LE CORBEAU

Mysticisme, magie, clairvoyance, écologiste.

Il sait du néant faire jaillir la vérité issue de sa clairvoyance.
Le corbeau est connu de nombreuses traditions. Dans la spiritualité chamanique d’Asie centrale, le Grand Esprit était représenté par un corbeau à trois pattes. Odhinn, le grand chaman de la tradition nordique porte un corbeau sur chaque épaule. Ils lui permettent de savoir tout ce qui se passe ailleurs et de percer les ténèbres.

Diabolisé par le christianisme qui l’a associé à la mort et aux maléfices, il inspire souvent plus de peur que de respect.

L’enseignement du corbeau

Le corbeau est un être qui plonge dans l’inconnu en quêtes de réponse et découvre les voies qui mènent au monde de l’esprit. Il rapporte de ses voyages de nombreuses et puissantes connaissances. C’est une sentinelle de la nuit qui annonce la lumière. Dans le monde animal, il guide les autres animaux vers une source de nourriture. Il est en particulier l’allié des loups affamés.

Pour les amérindiens, le corbeau est capable de se métamorphoser, ce qui lui permet de pénétrer où il veut.

La médecine du corbeau

Elle concerne tout ce qui a trait à la magie, au mysticisme et à la communication de messages divinatoires. Cet oiseau est capable d’exercer son pouvoir sur les malades et d’en faire disparaître les symptômes. Ses pouvoirs sont de redonner force et courage à ceux qui luttent contre la maladie ou la mort. Il instaure l’unité du Grand Esprit. À ce titre, il est aussi le gardien de la pureté ; c’est une sorte de protecteur de l’environnement qui combat les pollutions menaçant l’humanité.

Le corbeau vous demande de retrouver le chemin de votre monde intérieur, ce territoire protégé d’où jaillira la magie car c’est en vous que réside le magicien suprême. Vous poserez alors sur le monde le même regard que le corbeau. Ce faisant, vous guérirez de vos plus anciennes blessures.

Il est celui qui vient vous montrer vos « faiblesses » pour les corriger.

Regardez au-delà de la réalité quotidienne et vous percevrez la magie dans les instants les plus ordinaires. Le corbeau vous aide à créer, à comprendre les événements, donc à progresser.
Personnellement, j’ai beaucoup de respect et d’amour pour mon allié le corbeau. Je vous souhaite de le rencontrer.


LE CHAT

Nos chats domestiques ou sauvages font partit de notre environnement familier au point que l’on en oublie certains aspects. Bien sûr, les superstitions et sa diabolisation par le christianisme encombre nombre d’esprits de quelques relents peu sympathique. Et l’ésotérisme primaire n’arrange pas l’affaire de ces pauvres félins. De toute évidence, ces petits animaux portent un héritage complexe.

Pour toutes ces raisons, comme le cheval, le chat se retrouve avec parfois des aspects bénéfiques, parfois maléfiques, c’est selon le besoin des humains.

Au travers de différentes traditions, diverses facultés sont attribuées au chat : tuer les femmes et en revêtir la forme, être l’énergie sexuelle féminine, être doux et paisible, bienfaisant pour les récoltes, incarné la béatitude animale. Souvent associé au serpent, le chat se retrouve avec des notions de chaos, de sécheresse, au péché et à l’abus de biens de ce monde. Mais quand même, sous forme de chat divin, il se trouve investi de la capacité d’inspirer une pluie fécondante, et comme bienfaiteur et protecteur de l’homme.

Par sa force et son agilité féline, il est aussi un allié de l’homme pour vaincre les forces des ténèbres. Il est vrai que dans différentes traditions, le chat noir se voir attribuer des qualités magiques qui, à l’époque chrétienne, s’est transformée en capacités maléfiques. Les grandes religions, n’aiment pas l’individualisme et les êtres indépendants. Il fut un animal sacré dans l’Egypte ancienne de par sa capacité féline, subtile, sa capacité de voir ce que l’homme ne peut voir. C’est aussi un animal sacré chez les amérindiens qui rendent ainsi hommage à sa médecine : adresse, réflexion, ingéniosité, observation, malice, clairvoyance, pondération et surtout à sa capacité à arriver à ses fins.

Dans le chamanisme Nordique, le chat est très lié à l’énergie féminine, que se soit sous l’aspect de la mère, de l’épouse, de l’amante et surtout de la prophétesse. Le char de Freya, déesse de la fertilité, de la fécondité, de la sexualité est tiré par un attelage de chats. Le manteau que met la prophétesse pour rendre l’oracle et pratiquer la transe est fait de peaux de chats. Mais, surtout, le chat est un animal qui comme le corbeau ou le cheval à la capacité d’être en contact avec le monde du double et par conséquent d’en être un messager.


L’OURS

Dans le monde celto-germanique, l’ours est associé à la classe guerrière et non le loup comme l’ont mythifié les errements hideux de l’idéologie nazie ;

L’ours est l’animal qui est perçu dans ces contrées comme étant le plus proche de l’homme. Il est en effet capable de se tenir, et d’être actif sur ses deux pattes arrières. De surcroît, c’est un combattant redoutable. De là ces images de BERSEKIR. Ces guerriers Nordique recouverts de peau d’ours, hurlant derrière leurs boucliers de tilleul et surgissant hors de la sombre forêt pour fondre sur l’ennemi terrorisé par ces apparitions. De plus, ces guerriers étaient enivrés par la bière.


LE SAUMON

Le saumon a joué sur le plan alimentaire un rôle très important dans le monde Nordique. Mais d’autre part le saumon joue sur le plan aquatique la même fonction que le sanglier.
L’essentiel pourtant est que le saumon est considéré comme représentant la science sacrée. La tradition transmet l’existence des sources sacrées entourées de sorbiers et de coudriers dont les noisettes nourrissent les saumons. D’où la capacité particulière de ces saumons de rendre omniscient et.

Le saumon est à la fois sagesse et nourriture spirituelle. Le saumon est une des formes animales qu’adopte la divinité LOKI, le trickster, le coyote, le renard. Le semeur de troubles et de désordre. Insaisissable parce qu’il est de même nature que le vent et le feu.
D’autre part, le saumon est le poisson qui se trouve souvent en situation d’avaler un objet magique, souvent un anneau. Dans les mythes scandinaves, Ossètes et autres, il participe au combat entre le fauteur de troubles et le héros civilisateur ou avec un dieu qui évoque une image Odhinnique.


LA BALEINE 

Tout d’abord, rappelons cette vision dynamique, régie par des forces tourbillonnantes, tumultueuses, puissantes qui anime le monde Nordique, elle est perçue comme abritant  de même que la mer qui à la fois attire et effraie.
Rencontre des éléments naturels dans toute leur puissance destructrice et fécondante.
La mer y est perçue comme habitée dans ses profondeurs par des êtres monstrueux et terrifiant. Sans oublier la cosmogonie nordique qui nous évoque un serpent géant vivant au fond des mers. C’est parce qu’il est lové que la terre garde sa cohésion. Mais au temps du Ragnarôk (le destin des puissances). Il sera combattu et tué par un dieu néfaste. Alors, il desserre son étreinte. Alors, la terre est prise de soubresauts, Yggdrasil tremble dans ses frondaisons. La terre est d’abord détruite par le feu puis par les eaux. C’est la fin des temps.

La baleine est représentative de la relation entre le monde d’en-haut et d’en-bas. De par sa capacité d’être à l’écoute et même en communication avec la Terre-Mère. De là sa capacité à nous prévenir, des grands bouleversements de la terre. En quelque sorte, elle est aussi le message des ancêtres. Son pouvoir, sa médecine est de nous permettre de nous relier à toute forme de communication en particulier les plus subtiles. Elle est l’écoulement du temps dans ses flux et ses reflux.


LE PORC 

Dans un monde où la disette voire la famine faisait partie des aléas de l’existence, le porc trouve une importance capitale pour la survie ainsi que pour assurer, à défaut d’abondance, tout au moins une vie meilleure.

Relié en premier lieu aux divinités Freyr et Freya, il est un symbole de fertilité et de fécondité dans tout l’espace indo-européen et donc tout naturellement chez les scandinaves.
Dans le registre du Bödi, titulaire des pratiques spirituelles, le cochon devient un animal chargé de force sacrée, un esprit sacrificiel. D’où la persistance de cette image d’un cochon cuit avec une pomme dans la bouche, ( particulièrement à la période du solstice d’hiver  ).
Nous sommes dans la structure tripartite du monde indo-européen, celle dévolue à la production-reproduction. Celle qui régit la vie sociale, communautaire, celle du Bund. Il y avait cette recherche d’abondance, de richesse, de bien-être, d’assurer l’avenir propre à l’être humain. Cela, nous amène à évoquer la notion de chance : la meginn.  Une manière d’honorer l’Arbre cosmique et central des Nordiques : Yggdrasil. Vous pouvez facilement imaginer tous les aspects, sensuel, glouton, charnel du porc.

Ce serait oublier un peu rapidement, qu’il appartient aussi au deuxième domaine du monde tripartite indo-européen : la caste guerrière.
En effet si le cochon fut très rapidement domestiqué et familier aux hommes, il possède son pendant sauvage : le sanglier.  Connu, pour sa force et son ardeur au combat, il symbolise pleinement et sans faillir cette puissance. Si elle est relativement connue, la caste des berserkirs, ces agressifs guerriers habités par la folie guerrière, il existait également en parallèle une caste de guerriers non moins habités par une ardeur au combat mais dans un rôle plus défensif : les guerriers sous l’égide du sanglier.

Le porc, cet animal, si familier et si méconnu, nous le retrouvons dans la troisième fonction : celle du spirituel.
Comme tout allié, il possède un aspect matériel et un aspect surnaturel. Dans les provinces allemandes du moyen-âge, le cochon avait la réputation de hanter les chemins isolés. Il suivait alors les passants pour les obliger à le chevaucher. Ce dernier point est certainement la survie populaire d’un ancien rite païen qui mettait en scène le cochon. On pensait que cet animal pouvait être la forme réincarnée d’un revenant. Rêver d’un cochon était vu comme un très bon présage.
Durant les nuits du 30 novembre et du 21 décembre, les filles se rendaient nues jusqu’à la grange, frappaient à la porte, puis écoutaient au travers de la porte fermée les possibles bruits émis par les cochons.
Si un cochon adulte grognait, cela voulait dire que la fille allait se marier dans l’année qui suit avec un homme mûr ou veuf. Si l’on entendait les grognements d’un jeune cochon, alors le mariage se ferait avec un jeune homme. Si rien ne se faisait entendre, alors les perspectives de mariage pour l’année à venir seraient nulles.
Une autre tradition était aussi celle de s’accrocher autour du cou une amulette faite à partir d’os de porc. Ce genre de porte-bonheur devait favoriser la chance durant tout le nouveau cycle annuel. Il se pratiquait le rituel dit du collier de terre ou dit du serment contraignant : à la suite d’une épreuve, la personne portait un serment public et inaltérable en posant la main sur des anneaux en soie de porc. La sensibilité naturelle et surnaturelle du porc est ici reconnue.


LE CULTE DU CHEVAL

Des Steppes de Mongolie, en passant par les turcs, turkmènes, les scythes, les celtes, et plus tard, bien plus tard les amérindiens ; nous voilà dans l’univers du cheval. De nos jours encore, les mongols sont considérés comme des cavaliers hors pairs. Dans ses sociétés dont la vie dépend du cheval et n’existe que par le cheval. Une longue relation s’est instaurée entre le cheval et l’homme.

Aussi n’est-il pas étonnant que la formule descriptive pour évoquer la séance chamanique est le terme : chevauchée. Le tambour est appelé cheval du chaman.

Le cheval d’Odhinn s’appelle Spleinir (le très véloce). Ce cheval est bien sûr particulier : il possède huit pattes. Dans les Eddas ou les Sagas, le terme coursier désigne aussi bien un bateau qu’une étoile. Pour comprendre les textes nordiques qui sont un témoignage tardif et déjà édulcoré de la tradition orale chamanique. Il faut par la connaissance traduire toutes les expressions contenues dans les textes : thula, kenning, heiti, (nom qui change lorsque la fonction change). On le voit, naviguer dans ces tourbillons n’est pas chose facile.

Le cheval est au centre de la mythologie chamanique nord euro asiatique. Curieux destin que celui du cheval, à l’époque préhistorique, les chevaux avaient la taille d’un gros chien aujourd’hui les chevaux sont plus grands, plus fort. Qualifié aujourd’hui de « plus noble conquête de l’homme » et très à la mode, le cheval est porteur de symbole et d’imaginaire.

Nous avons trop tendance à juger les choses à l’aune de la modernité, ce filtre déformant de la réalité. Dans les steppes mongoles, les nomades déplacent leur « gers » (yourte) au grès des besoins. La vie est basée sur l’élevage et donc le nomadisme. Le cheval y est encore aujourd’hui indispensable. Il est le meilleur moyen d’assurer la subsistance et la survie de la communauté. Mais, le cheval possède aussi un double. Ce double nous fait entrer en vertu de la puissance magique de l’animal dans un monde fabuleux. Peut-être est-ce pour cela, dans notre inconscient collectif que le cheval possède il faut le reconnaître une forme d’ascendant sur l’homme.

La vie des anciens peuples était littéralement habitée par le cheval. Il était pleinement un participant de l’univers magique et sacré. Il suffit d’observer un cheval pour sentir en soi un sentiment particulier. Comment ne pas voir sa puissance, sa beauté, sa sensibilité. Il est une représentation de la force, de la puissance, du jaillissement de la vie, il est l’image du sang donc de l’énergie vitale, il est l’expression de l’amour mais aussi de la liberté. Se transformer en cheval, c’est faire l’expérience de la liberté et de l’espace de toutes les possibilités.