Une vision chamanique: la Mue du Serpent Cosmique

Le Grand Esprit, le Grand mystère
m’a donné une Vision Sacrée.
De ce fait je ne peux la garder pour moi.
Je dois la partager
parce que rien de ce qui est sacré
ne peut être la propriété de qui que ce soit,
mais aussi parce que cette Vision concerne tout un chacun.


Le 21 juin, c’est le solstice d’été,
une des deux portes ouvrant les mondes,
le point où le soleil est le plus haut dans le ciel, amenant ainsi nos âmes au plus haut.
Pour nos anciens, c’est la porte des Ancêtres.
Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit aujourd’hui.
Chaque jour est un bon jour pour se relier à la vie et au sacré.
Parler ce jour signifie que j’honore les anciens,
que ma parole est aussi leur parole et leur autorité.
Cela signifie que les esprits sont bienveillants à mon égard
et que j’appartiens,que je le veuille ou non, au Grand Cercle des Hommes-Médecines.

Tous ces mots qui précèdent sont nécessaires pour poser les choses parce que l’homme contemporain est bien souvent désorienté face à des réalités qu’il ne sait plus voir.


J’étais dans mon tipi, paisible et en communion avec le Feu.
Comme il m’arrive souvent, la vision de ce monde se déchire pour s’ouvrir sur un autre monde.

« Cette fois-ci, l’autre monde apparaît et me donne à voir un énorme serpent,
le Serpent Cosmique.
Je le vois dans toute sa dimension, mais surtout je le vois en train de muer.
Je vois sa vieille peau de laquelle se décrochent des êtres de couleur sombre, comme des graines desséchées.
Le serpent se sépare de sa vieille peau qui emmène avec elle ces êtres sombres.
Une vieille peau sèche, rude, voire repoussante.
Cela laisse apparaître la nouvelle peau, resplendissante, d’apparence douce,
lumineuse, agréable comme une peau de bébé, dans laquelle sont insérés des êtres lumineux et paisibles.
Dans le même temps, chose rare en mon esprit, j’entends une voix forte, claire et ferme, m’ordonner :
« Cette Vision est pour le plus grand nombre
et tu dois la transmettre au plus grand nombre ! »

Pendant cette Vision, j’en ai perçu le caractère fort, fondamental et urgent.

En même temps, je me dis que je ne suis qu’un être humain,
parmi tant d’autres dans le Cercle de la Vie.
Alors, je vais partager, avec mes moyens qui sont dérisoires,
mais surtout avec mon coeur.
Je sens que les coeurs vivants, eux aussi ont reçu ce message,
alors cela me soulage.

Cette Vision nous dit qu’une Grande Mutation Universelle est en cours,
qu’il est pratiquement trop tard pour choisir entre être dans la nouvelle peau ou dans l’ancienne.
Ceux qui se croient élus et sauvés dans la grande mutation ne le seront pas.
Car bien des choses étranges, inconnues, inaccessibles à la compréhension du plus grand nombre vont survenir. Nous verrons des choses que même les plus grands esprits n’ont pu concevoir. L’entendement humain sera totalement désorienté.

La Terre et le Ciel vont exprimer leur colère,

mais surtout agir pour protéger la vie.

Les êtres sombres, ceux qui ont choisi d’avoir au lieu d’être, disparaîtront selon un nombre cosmique.
L’être humain sera aspiré par sa folie et sera son propre ennemi.
Les horreurs de l’humanité cesseront par une grande horreur.

Alors apparaîtra ce qui paraît impossible :

un monde d’Amour,

un monde beau, lumineux, un monde de coeurs purs.

C’est pourquoi, je dis à ceux qui aujourd’hui ont dans le coeur la bonté et la
générosité, et dont la vie de chaque jour n’est que violence de la part de leur propre espèce :
« Gardez confiance en votre esprit, gardez votre chemin droit, le grand
chambardement est là.
La Médecine du Cercle est en train de renaître dans toute sa force et sa beauté.
Depuis quelques années les Forces de Lumière sont à l’oeuvre dans notre monde destructeur : elles sont comme les termites dans une poutre ; elles oeuvrent, mais on ne les voit pas jusqu’au jour où la poutre s’écroule, réduite en poussière.
Notre monde est un monde mortifié qui porte en lui-même sa propre destruction.
Il n’est pas besoin de lutter contre lui, mais au contraire de mettre nos forces dans la
création et la protection de la vie. »

Mais, cette Vision dit aussi
qu’en même temps que le Serpent Cosmique,
chacun d’entre nous doit quitter sa vieille peau
et laisser apparaître sa nouvelle peau.
Car l’univers est UN.
Il est temps d’oser être.

Je dis à tous ceux et à toutes celles qui désespèrent :
« Gardez la confiance envers le Grand Mystère. »

Et je reprendrai une formule emphatique Lakota qui commence à connaître avec
justesse une grande diffusion :
« Mitakuye oyasin »
( à tous mes proches !)
dont le sens est :
tout ce qui est dans la création est relié.

Joan Pinchu
Chaman
21 juin 2009


Ce texte ne m’appartenant pas, vous pouvez en faire usage, en m’en faisant la demande à : contact (arobase) chamanisme-niya.com
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Je sais!

Je sais que la pierre muette
Est pleine de vie
Elle est la mémoire
Il n’est que de l’écouter pour savoir (la parole des ancêtres)

Je sais que le vent est le cheval
Du souffle de vie
Messager du destin
Il peut être caressant
Ou violent
Il n’est que de l’écouter pour savoir (la parole des esprits)

Je sais que les arbres sont non ancêtres
Que leurs racines sont nos racines
Plantés en terre
Ils atteignent le ciel
En permanence
Alors que l’humain
Aveuglé par sa liberté
Ne sait où il va
Il n’est que de les écouter pour savoir (la sagesse)

je sais que la terre
Est notre corps
Notre vie
Notre source de nourriture
Mais plus encore
Elle est l’exemple d’amour
Il n’est que de l’écouter (pour savoir ce qu’est l’amour véritable)

Je sais que l’eau est multiple
Elle est la médecine de la transformation
Source de vie
Elle est l’élément de la magie
Avec elle
Les larmes deviennent une pluie bienfaisante
Il n’est que de l’écouter (pour savoir la puissance de notre conscience)

Je sais que le feu est vivant
Comme toute chose dans la création
Puissance agissante
Il nous enseigne d’assumer notre vie
Il est la porte d’entre les mondes
Il est le passage de l’obscur à la lumière
Mais son réconfort n’est ni facilité, ni compromission
Il n’est que de l’écouter (pour connaître l’élévation)

Joan Sigel Pinchu

Nota : le terme savoir, ici à la signification de connaître par l’expérience

Le bouleau

Il est là
À l’orée de la forêt
Si puissant dans son apparente fragilité
L’arbre lumineux
Le cheval de l’esprit
Souffrant de nos tribulations
Et pourtant prêt au sacrifice suprême

Son écorce est la lumière
Dans la noire période
Il resplendit quand tout est caché
Face à la tristesse
Il annonce le renouveau

Une de ses branches est une torche
Pour l’homme perdu dans l’obscurité
De son âme

Sa sciure fait du pain
Sa sève nettoie le corps
Et l’abreuve
Ses feuilles soignent la froideur du corps
Et dissipe les miasmes délétères
Son goudron graisse les moyeux
Parfume les cuirs
De son bois surgissent maints instruments
Doux à l’homme

Ses racines plongent dans l’inframonde)
Elles sont la porte des défunts
Elles sont la porte du monde souterrain
Et de ses habitants, les nains habiles

Ses feuilles sont les nuages de la terre
Elles fouettent les corps
Dans l’étuve sacrée
Fertilisent l’esprit et le corps

Du tronc naît le tambour du chaman
Axe cosmique entre la terre et le ciel
Il est le soutien du voyageur de l’âme
Et son refuge ultime

À nul autre pareil
Son essence est l’hydromel sacré des Dieux
Grâce à toi ! bouleau sacré !

Joan sigel Pinchu

Temps mythiques

Dans les temps mythiques de la Terre
Au temps de l’âge d’or
Régnait la bénéfique harmonie
Entre tous les êtres de la création.

Mais de tous ces êtres
L’humain était le plus fragile
Naquit un être troublé
Qui n’eut de cesse de changer l’ordre des choses
Pour son puéril bénéfice.

Dans son élan d’absorption
Il inventa la séparation
Le noir péril s’abattit sur l’humanité
Se répandit sans qu’une médecine
Ne puisse le réduire.

L’homme se sépara des Dieux
Et en devint triste.
L’homme se sépara de la nature
Et en devint ignorant
En fin l’homme, se sépara de l’homme
Et en devint agressif.

Son âme séparée fut
broyèe,
déchiquetèe,
dilatée
troublée
instable
insatiable
Recherchant de mille façon
À sortir de sa funeste prison.

En créant la séparation
L’être impitoyable
Fauteur de malheur
Engendra
De multiples maladies
La jalousie
L’envie
La haine
L’orgueil
L’accaparement
La ruse
La méfiance
L’insatisfaction
La tristesse

Reste à l’homme à se relier à nouveau

Joan Sigel Pinchu

Du phare au totem

Quand les artistes cherchent la lumière dans ce siècle de ténèbres.
Qu’allons nous faire du troisième millénaire ? C’est face à cette question que nombre d’artistes actuels explorent, interrogent la matière, l’esprit, l’espace, le temps au travers de leurs multiples expressions.
L’état des lieux et connu : L’ultralibéralisme réduit le monde terrestre à feu et à sang, génère l’obscurantisme, la corruption, le mensonge organisé, la misère morale, symbolique, humaine.
La misère des droits, de la pensée, de la conscience.

L’ultralibéralisme est une combinaison intellectuelle d’idéologie religieuse et d’idéologie nazie. Un simple regard sur les fondements de cette idéologie totalitaire suffit à s’en rendre compte. Ayant retenu les leçons de l’histoire, ces vampires avancent masqués. Ils se parent de toutes les vertus et annoncent suavement le bonheur de l’humanité.

Les libéraux essaient d’instaurer un nouvel ordre mondial. Le terme nouvel ordre mondial est un thème récurent du nazisme et des groupuscules d’extrême droite. Ils utilisent tous les thèmes du nazisme et de la religion pour maîtriser la population. On retrouve bien d’autres thèmes du nazisme dans l’économie libérale. Celui de l’être supérieur, ici le haut financier, l’investisseur est différencié du simple individu considéré comme un incapable, un médiocre qui ne mérite que le mépris. Les plus pauvres devant tout simplement  être éliminés. Le monde libéral se réduit à la dualité producteur/consommateur. Le terme de producteur désignant ici, le producteur de richesses. Comme il est dit dans leurs ouvrages de pseudo sciences économiques : le citoyen doit être réduit à la fonction de consommateur mouton.

Donc, il n’est pas question que le citoyen ait des désirs, des besoins, des rêves, des pensées, pire encore une conscience. Par exemple, il doit acheter le dernier CD d’une chanteuse clonée, déposé par palettes entières au supermarché. Il n’a pas à décider, on décide, rêve, pense à sa place. Car nous sommes dans le monde de la pensée unique, toute tentative de sortir de la pensée formatée est considérée comme un acte hérétique et conduit à la déchéance économique. Les journalistes ou les intellectuels doivent relayer l’idéologie dominante sous peine de mise à l’index.

De même la déportation est transformée par la puissance du politiquement correct en mobilité des travailleurs. L’ultralibéralisme conduit tout naturellement au terrorisme économique, social et humain. C’est ainsi que les politiques de chaque pays, soucieux de préserver leur carrière ce sont mis aux ordres des ultralibéraux. Pour satisfaire les exigences de la haute finance, chaque pays met en place une politique d’état policier, le projet étant d’arriver à réduire les citoyens à l’état de robot. Et ce n’est malheureusement pas une image.

N’oublions pas que le grand père de Georges W Bush était un des banquiers du troisième reich. Un Eugénisme médical est mis en place d’une manière douce et feutrée avec le concours de la communauté scientifique. Parce que la particularité de l’ultralibéralisme est de fonctionner comme un système religieux promettant une vie meilleure, mais plus tard et ailleurs et seulement pour le personnes qui sont « bonnes ».

Mise en place d’une structure pyramidale au service exclusif du libéralisme : hommes politiques, chercheurs, vigiles, police privée, etc… croyant s’en sortir en ayant l’illusion d’avoir une part du gâteau.

L’art comme produit de marché et au service de la puissance financière.

À l’instar du nazisme, le libéralisme génère un système de collaboration basé sur la part la plus sombre de l’être humain. Mais le libéralisme ne peut être résumé à son inspiration idéologique qu’est le nazisme, l’on y retrouve également un système de pouvoir extrêmement ancien, le pouvoir religieux, lui aussi non pas au service de l’homme et de son évolution, mais bien de son asservissement. Les systèmes religieux depuis leurs origines ont pour fonction de gérer et dominer la masse humaine au profit d’une nomenklatura ; les outils, sont le dogme, la pensée unique : si tu ne penses pas cela c’est que tu est mauvais, l’angoisse, la peur et la menace d’un châtiment terrible si l’on est pas sage et obéissant. La peur affaiblit l’homme, elle ne le grandit pas.

L’ultralibéralisme est un véritable cancer généralisé pour notre civilisation.                          Si nous ne réagissons pas, c’est la fin de l’homme.

Aussi est-il presque naturel de constater que des artistes participent à cet art du marché. Alors qu’en France la loi dite du 1% devait aider les artistes notamment sculpteurs à exister, elle est peu ou pas appliquée. Et l’on voit dans les conseils régionaux, une main mise corruptive de l’état sur l’art. Bon nombre, de conseils régionaux fonctionnent avec un artiste les autres n’ayant pas accès à cette opportunité. Nous nous trouvons donc avec un artiste officiel comme au temps du soviétisme matérialiste.

L’art ne remplit plus son rôle d’interpellation et d’interrogation sur la vie, l’être et le politique dans le sens noble du terme ; ou du moins c’est ce que l’on veut nous faire croire. Cela est d’ailleurs valable pour toute entreprise créative ou intellectuelle. Il ne nourrit plus la société de substance vitalisante. L’oeuvre d’art et devenue objet de marché, c’est tout. Où être condamnée au silence, comme on a su faire taire les intellectuels. Il arrive même souvent que l’art devienne caricature de lui même.

Ce qui est rassurant est de savoir que le libéralisme n’a contrairement à sa croyance aucun pouvoir sur la nature, c’est elle qui aura le dernier mot.
D’autre part, ce système idéologique contient en lui-même le germe de sa propre destruction.

Il est, de par sa nature, morbide, y compris pour lui-même. Rappelez-vous de l’histoire du crapaud qui par orgueil se gonfle, se gonfle, tout comme le libéralisme se nourrit de richesses, jusqu’à exploser.

Observateur anonyme de ce monde déboussolé, j’ai remarqué depuis quelques années l’apparition dans l’univers des artistes (même y compris dans le domaine de l’artisanat d’art), d’une expression singulière. Que ce soit d’une manière ponctuelle ou plus approfondie est apparue une image : celle du totem. Tout d’abord, un petit signe par ici, par là, comme timide.

Apparition isolée, discrète comme insignifiante, en somme des éclaireurs. Puis j’ai vu ses signes se multiplier, mais toujours de manière à ne pas déranger tout en structurant une toile archétypale dans l’expression artistique.
D’abord interrogatif sur la chose, j’y ai peu à peu discerné quelque chose qui n’est pas de l’ordre d’une mode mais un acte gratuit et pur. L’émergence de cette image fait partie de ces singularités annonciatrices de quelque chose à naître. Une de ces singularités qui apparaissent sans faire de bruit, sans déranger comme une insignifiance. De ces choses discrètes qui font que la vie tout d’un coup bascule sans qu’on en prenne conscience. Comme ce détail paradoxal dans un rêve qui nous rappelle que nous rêvons et que nous ne sommes pas dans la réalité. L’être humain et en particulier l’homo modernicus possède une particulière perte des sens comme des repères.

Surtout, il ne veut ni voir, ni entendre de ce qui peut le déranger. Les anciens ont puisé dans la source lumineuse, la lanterne, le phare, un moyen de sonder les ténèbres, peut être qu’aujourd’hui l’être humain a-t-il besoin d’un outil pour émerger du monde des ténèbres et accéder à la lumière. Le totem est-il devenu son échelle ?

L’art totem et le renouveau du chamanisme

Phénomène connexe, le chamanisme connaît un renouveau tant dans les anciens pays du bloc communiste que dans les pays soumis au joug du libéralisme. Il ne s’agit pas d’une religiosité maladive ou d’un mysticisme facile ou même d’une mode, mais d’un mouvement d’autant plus profond qu’il est agi pas des individus qui se lèvent pour dire : cette vie que l’on nous impose n’est pas bonne pour l’homme !

Quel est le sens du totem dans l’expression contemporaine ?

La référence au totem nous renvoie à quelque chose de primitif dans l’être, mais aussi à une reliance au passé, aux anciens, aux civilisateurs, à la cohésion d’un groupe, d’une communauté et dans les valeurs de ce qui peut faire de nous un être humain véritable. Il y a là incontestablement une part de nostalgie (la perte d’un âge d’or), mais celle-ci ne peut nous masquer l’essentiel. Ce retour au passé est aussi une recherche d’une réponse. Nos anciens, pour survivre ont dû et ont su trouver des réponses. Inconsciemment, c’est un enseignement précieux.
D’autre part, la critique et le rejet de notre société libérale actuelle s’amplifie de jour en jour, malgré et surtout parce que la parole est niée. Le totem se dresse comme négation d’un monde jugé par beaucoup comme inhumain.
Dans les sociétés traditionnelles, le totem est en général révélé lors d’une vision. Végétal ou animal, il est un protecteur à l’instar des ancêtres. Nous avons le véritable sens du mot totem (qui est un terme Algonquin). Totem signifie esprit gardien, puissance tutélaire appartenant à un homme. Sa valeur est purement individuelle, ni héréditaire, ni généalogique, si sociale, tribale, clanique.

Le totémisme qui nous rapproche de notre sujet est l’expression sociale, dans le sens ou le groupe devient une entité et aurait besoin d’un esprit tutélaire, d’une esprit gardien.

Mais pourquoi le totem alors que bien d’autres symboles sont offerts ?
Le totem se dresse, il s’appuie sur la terre pour s’élancer vers le ciel. Il « regarde » dans toutes directions. S’il est représentatif des morts, il les relie, les intègre aux vivants, il est symbole d’union voire de communion entre les êtres. Contrairement aux cathédrales et autres monuments égyptiens, il n’écrase pas l’individu. Le totem est à la mesure de l’homme. Mais plus encore à l’instar de ce qui se passe dans les société traditionnelles, l’intégration du totem que ce soit par l’intermédiaire du chamanisme ou de l’art, élève l’individu au rang d’être humain.

Dans les expressions artistiques totémiques s’expriment la négation de ce monde mortifère et une profonde aspiration à la vie, la joie, la liberté. Un élan vers une spiritualité personnelle vivante et joyeuse. Ces totems s’élancent à travers le monde et l’espace comme un appel vers un autre monde, un élan vital vers la beauté, la lumière, les couleurs, vers une fête cosmique.
C’est l’image de l’être humain libéré des pouvoirs politico-financier-religieux pouvant enfin exalter la vie.

L’art totem s’il est bien sûr dans sa forme une expression personnelle et dans le fond l’expression collective d’une vision sociétale. Cet art décrit les besoins réels de l’être et non ceux que l’on veut lui imposer (et en plus en le faisant payer cher).

L’expression totémique contemporaine, rappelle à ceux qui voudraient l’oublier que l’art est visionnaire, révélateur, civilisateur. Mais, c’est sûrement aussi pour cela que l’on veut faire taire (économiquement) les artistes. Cette expression totémique est comme une résistance à l’individualisme égoïste, à la dissolution des rapports sociaux et au refus actuel de l’utopie. Le totem dans l’expression artistique introduit un élan d’appartenance ; un désir d’appartenance à une société plus humaine, plus conviviale, avec des valeurs poétiques. Cette appartenance d’ailleurs peut naître d’un choix, c’est l’adoption d’un choix de vie, d’un choix de société, d’un choix de valeurs. Désir d’une société productrice de vie, à l’opposé de notre société mortifère. En ce sens l’art totémique est une pulsion de l’Eros, une force naturelle vers la régénération, l’espoir d’une nouvelle vie, d’un nouvel âge d’or pour l’humanité.
Je connais suffisamment le psychisme pour savoir, que les forces les plus puissantes ne sont pas les plus apparentes, mais les plus profondes. L’expression totémique nous parle de la profondeur de l’être et de ses aspirations. Parions que l’avenir en sera l’expression.

Le don

Le mot possède deux sens qui doivent nous faire réfléchir. D’une part le sens d’offrir à autrui d’une manière altruiste quelque chose que l’on a et d’autre part être détenteur d’une capacité à faire ou a être qui nous a été donné par le fée Destin.

La connaissance chamanique nous enseigne cette évidence : nous sommes les enfants de la terre-mère. Celle-ci nous a donné notre corps pour cette existence, elle nous a donné la vie et assure chaque jour nos besoins en nourritures. C’est pourquoi, nous sommes les enfants de la Terre-mère. A ce titre nous sommes les dépositaires, donc les gardiens de la Terre-mère. Pour ce faire, nous avons à être en harmonie avec notre environnement. Nous avons à prendre ce dont nous avons besoin pour notre existence mais pas plus. De plus, il convient de la faire d’une manière respectueuse et sacrée afin de permettre à la vie de se perpétuer. Aussi, est-il absurde pour un chamaniste de vouloir prendre le dessus sur la nature et de vouloir la plier aux désirs pervers de l’homme.

Le Père-ciel quand a lui, nous offre la reliance au ciel et par le souffle de nous lier à l’harmonie de l’espace et à l’esprit. C’est par le souffle que pénètre en nous l’âme qui nous anime, le souffle vital (niya), l’esprit.
Donc au moment de naître, nous avons déjà de nombreux dons. Mais, par l’intermédiaire du souffle, le don de la vie s’exprime par un don particulier, une couleur particulière qui sera la nôtre.
Par exemple, un chaman sera connu par tel ou tel don particulier ou par telle ou telle manière d’être. L’être ordinaire ne verra que cela. En réalité, ce chaman est habité par le pouvoir de sa lignée de chaman, et ses capacités personnelles ne sont que l’expression personnelle de ce pouvoir qui l’habite.
Comme nous l’enseigne la tradition Nordique : le don, le pouvoir est une part du sacré dont nous disposons. Mais cette part du sacré est fragile. Elle peut être annihilée par notre manière d’être, notre comportement, un acte de rupture d’un tabou, par exemple.

Je voudrais préciser ici la nature profondément universelle du don en tant que part du sacré. Autrement dit, la sagesse incline à considérer le don comme une part du sacré et non comme une force à usage personnel.
Chacun d’entre-nous possède un ou des dons, mais je veux parler ici du don fondamental. Nous pouvons comprendre ce don comme l’expression d’un cheminement karmique, le don étant la possibilité d’évoluer dans cette vie. Le don est alors un outil de développement personnel et non une puissance à exercer sur l’extérieur.
En somme le don est en fait un patrimoine à gérer et à partager.

Le don est inscrit dès la naissance mais il peut rester enfoui en l’être toute une vie selon sa relation au sacré. Le don peut s’exprimer au travers d’un rêve, d’une vision, d’une manière particulière de résoudre certaines situations, d’une compréhension singulière, d’une capacité particulière à réaliser un acte spécifique ou à vivre son destin.
On peut identifier soi même son don personnel par une conviction intérieure mais parfois, il n’est compris que par le regard des autres sur nous-même.

Que la plupart des grandes traditions accordent une grande vertu au don qui est celui la non un pouvoir personnel mais réaliser un acte de donation à autrui, n’est pas une question de morale, mais une façon de comprendre le mystère de la respiration du monde et se trouve une extension moderne de la vision chamaniste, a savoir ne prendre que ce qui nous est nécessaire et toujours en laissant quelque chose en compensation et en préservant le futur. Mais, c’est aussi une protection contre la tendance vers la facilité et l’inclination vars la possession égoïste qui met en danger la vie de la personne égoïste mais aussi, le sort du monde.

« La générosité est honneur et louange, soutien et dignité des hommes et aussi aide et secours à tout être malheureux qui manque de tout le reste. Je crois que libéral fut Frodi. » Poème Norvégien de la Tradition Nordique
Dans la Tradition Nordique, Gébo est le don, la gaefa c’est la part de chance, de Destin que l’homme reçoit par les Dises (fées du destin) Peut être est ce pour cela que la fête des mères se fêtait la veille de noël (Jul) ; Dans la sacralité nordique, l’homme est façonné, formé et reçoit le souffle de vie du destin, c’est le don des Nornes.
Au nombre de trois, elles choisissent le destin de chaque être mais lui donne aussi, la gaefa, la part de sacré, d’énergie nécessaire pour affronter son existence terrestre dans ce qu’elle doit être.
Selon la vision chamaniste, le don est une manière de régénérer le monde (et j’ajoute : soi-même)

« Le pouvoir d’une chose ou d’un acte
Est dans la signification
Et la compréhension que nous en avons »

Black Elk

Chez les indiens de la côte nord-ouest d’Amérique du Nord, la structure sociale est devenue très complexe et s’est trouvée représentée par les cérémonies du « Potlach ». Ce mot d’origine nootka signifie : donner.
En fait le but de ces cérémonies etait de confirmer le statut social de chacun, mais chacun connaissant avec exactitude son rang Ces sociétés sédentaires, très riches avaient développées une hiérarchie sociale élaborée.
Mais de même qu’en polynésien ou dans le monde scandinave, celui qui avait le statut le plus élevé, le chef de tribu et de lignage avait pour fonction d’accumuler des richesses puis d’en assurer la redistribution en fonction des besoins. Le potlach servait donc à affirmer la supériorité d’un chef de lignage sur un autre ou même de la suprématie d’une tribu sur une autre. On peut voir le potlach comme une opération de prestige
Et de vanité, mais c’était aussi un échange d’insulte, l’occasion de regagner une notoriété perdue, etc. En fait cette cérémonie était une sorte de psychodrame servant à réguler les tensions dans le groupe et hors du groupe, mais nous éloigne de la notion de don dans ce qu’il a de plus sacré.

Mais, si la nature, la terre, le ciel, le grand esprit, nous ont fait cadeau d’un don qui je le rappelle n’est pas à usage personnel, qu’elle est alors son utilité ?

Le don est une capacité à vivre son destin puisque notre existence n’a d’autre fonction que celle d’évoluer vers l’union avec l’indicible et non pas à valoriser une vaine personnalité. Pour cela, il nous faut prendre conscience de notre don et de l’orienter. Il est important de donner une direction à nos possibilités et que cette direction soit fertile c’est-à-dire utile à la communauté des hommes et du monde.

Le Cercle chaman ou les quatre âges du chaman

Le chaman intercesseur des humains dans leurs rapports avec l’autre monde en incarne la structure selon le principe : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et inversement. C’est en pleine lucidité que la nature du chaman l’amène à en vivre le dynamisme. Si la vie terrestre d’un chaman n’est pas chose facile, le rapport des humains avec le chaman l’est encore moins. Ce rapport est conditionné d’une part par le contexte géographique et culturel, d’autre part la singularité chamaniste de cette société.

Dans la plupart des sociétés traditionnelles, les gens ont une perception assez juste du chaman, de sa fonction et de tout ce que cela implique. C’est pourquoi dans nombre de sociétés chamanistes, le commun des mortels est à même de faire la différence entre un chaman débutant, un chaman aguerri, un excellent chaman ou un mauvais chaman, Mettant les choses à leur juste place, pour autant ces personnes auront du respect même pour un chaman incapable, parce qu’ils savent pertinemment que ce chemin est difficile . Dans les sociétés industrialisées vivant uniquement sur un mode de prédation et de compétitivité , cette connaissance de base à disparue.

Il apparaît sur un mode de survie de la civilisation un retour aux valeurs chamanistes, mais sans prendre le « risque » de les vivres. C’est pourquoi un certain nombre d’aigrefins surfent sur la vague pour des motifs soit de reconnaissance personnelle soit de créneau commercial. De ce fait, il est difficile pour le commun des mortels de savoir qui est qui et qui fait quoi. En tant que chaman au travers du présent texte, je voudrais donner quelques repères à chacun afin de disposer d’éléments de compréhension. Mon but n’est pas de dire qui est bon ou qui est mauvais, car tout est relatif, mais donner des éléments de compréhension. Peut importe qu’une personne vienne vers moi ou vers quelqu’un d’autre, l’important c’est quelle trouve la personne qui lui convient.

Tout d’abord, il me faut parler de la médecine du cercle, c’est vraiment la base concrète du chamanisme. Vous allez dire, mais je sais ce que c’est un cercle ! Mais dans le chamanisme, c’est la structure de base de l’organisation du monde, de la pensée, du mouvement. Si les yourtes, les tepees, les cases, les cérémonies se font en cercle, ce n’est pas par une fantaisie de l’esprit, par un dogme rigide ou fermé. Non, c’est par une compréhension profonde de la médecine du cercle. Pour comprendre les cérémonies chamanistes, il faut comprendre la médecine du cercle. C’est d’ailleurs une médecine qu’il faut expliquer aux occidentaux, tellement ils ont été, pour des questions de pouvoir, coupés de la Vie.

Le fondement même du chamanisme se trouve dans le cercle parce que le cercle est une représentation de l’univers : la terre est ronde, les planètes sont rondes, les habitats nomades sont rond, les nids des oiseaux sont ronds, etc …etc….

Notre société est basée sur le triangle et la pyramide pour les trois dimensions. L’image est claire : en haut une personne, et plus l’on descend, plus le nombre de personnes est grand. Évidemment à la base , une masse qui est écrasée par le haut, cela donne le monde dans lequel nous vivons et dont de plus en plus de personnes ne veulent plus.

Quand au cercle, de par lui même il engendre un équilibre des forces, une répartition, un partage. Dans le cercle chaque composante a sa particularité propre et la transfère dans le cercle où elle circule. Autrement dit lorsque l’on forme un cercle de personnes, chacune est unique, voire occupe une fonction. Mais cette situation , n’existe pas au détriment des autres, bien au contraire. Sur un plan chamaniste, le cercle n’est pas une structure fermée, mais une structure « respirante »c ‘est à dire qu’à chaque instant chacun peut entrer ou sortir du cercle selon sa convenance personnelle. De plus le cercle est orienté selon les quatre points cardinaux. Chacun de ces points est une « porte ». Cela signifie que l’on peut entrer dans le cercle par une porte ou par une autre, que l’on peut circuler par les axes des points cardinaux, sortir par une porte, enter par une autre, selon ses choix ou possibilités personnelles. Ceci offre de nombreuses combinaisons que chacun peut articuler selon ses propres besoins.

La position des quatre points cardinaux, donc des quatre directions, découpe le cercle en quatre quadrants. Chacun de ces quadrant donne à un quart du cercle une valeur, une énergie, une qualité particulière donc un type d’expérience particulière.

Si nous inscrivons dans le cercle une existence humaine, celle-ci est découpée en quatre temps : l’enfance, l’âge adulte, l’âge mûr, la vieillesse. Évidemment ce cycle d’incarnation débute par la porte de la naissance et se termine par la porte de la mort. À chacune de ces directions est associée une couleur, un animal enseignant, un esprit gardien, une énergie singulière. Ces éléments sont variables en fonction de la culture du groupe d’humains, de leur cosmogonie, de leur mythologie, de leur milieu de vie. Mais le fondement même est universel. Chaque personne qui est dans le cercle occupe sa propre place, le temps nécessaire à son expérience d’évolution. C’est pourquoi si nous avons un jugement défavorable envers une personne, il est bon se rappeler cette réalité. Autrement dit, face à cela souvenons-nous qu’un jour nous avons été comme cela ou qu’un jour nous pourrions être comme cela.

Dans le cercle, les forces se répartissent et s’équilibrent d’elles-mêmes et permettent aux forces de la vie de circuler. Si une personne dans le cercle, guérit, elle évolue et permet à d’autres de recevoir la possibilité également de guérir. Le terme guérison ici à le sens de guérison physique ou émotionnelle ou spirituelle, mais dans tous les cas, c’est de la guérison de l’âme qu’il s’agit.

Ceci explique que depuis des millénaires, les anciens ont matérialisé cette médecine par des cercles de pierres. Que ces pierres soient minuscules ou très grosses, ne change rien à l’affaire. Ce sont des représentations de la médecine du cercle et sont des instruments chamaniques que l’on appelle roues médecines, cercle de sagesse, ou autrement.

Je me suis aperçu que pour les occidentaux, il était difficile de comprendre la nature et les grandes différences entre chamans. Aussi, pour apporter quelque éclairage sur la question, je vais utiliser cette veille sagesse ancestrale qu’est la médecine du cercle.

LES QUATRE ÂGES DU CHAMAN .

N’oublions pas qu’avant tout un chaman est un être humain, sa singularité étant d’avoir une relation particulière avec l’autre monde, la nature, les esprits. Il s’agit là d’un destin personnel dont il devra assumer la charge toute son existence. Il devra mettre sa singularité aux services des humains tout en devant se protéger d’eux.

La nature du chaman sera conditionnée par la porte par laquelle il va entrer. S’il entre dans le cycle d’incarnation, par la porte du Nord, de l’Est, du Sud ou de l’Ouest, ses capacités seront différentes.

Le chaman du Sud
Ses caractéristiques sont les éléments juvéniles : enthousiasme, jeux, créativité, impétuosité, utilisation de tours d’illusionnisme, théâtralisation, rites personnels, spontanéité voire impulsivité. Il doit apprendre l’enseignement et l’expérience des ancêtres, ainsi que l’enseignement de la vie. Met en œuvre des pratiques qu’il n’a pas entièrement intégrées ni maîtrisée. Il peut souvent fonctionner sur un mode affectif voire superficiel. C’est l’apprenti qui se confronte à l’expérience pour apprendre.

Le chaman de l’Ouest
Arrive dans la vie avec une expérience donc une connaissance de la mort ce qui lui donne un recul sur l’expérience de vie de l’être. En général, il se retrouve porteur d’une tradition et dispose donc d’un corpus : mythologie, symbolisme, rites traditionnels. Relié aux anciens de sa tradition et donc de leur connaissance et protection. Homme ou femme solide, il conduit de nombreuses cérémonies de guérison ou des cérémonies spirituelles. Il est capable d’être régulateur et intercesseur pour un groupe humain. Il peut même souvent avoir des responsabilités sociales : défense de la Tradition, de l’Ethnie. Il peut souvent être un guerrier spirituel.

Le chaman de l’ouest peut traverser le cycle de la vie par le chemin noir (les aspects sombres de l’être humain) ou par le chemin rouge ( c’est la voie du cœur).

Le chaman du Nord
C’est l’image même de l’ancien qui a accumulé une longue expérience de vie, une longue expérience intérieure. Ces expériences peuvent également provenir de vies antérieures. L’image du vieux sage à qui l’on peut demander aide et conseil. Ses caractéristiques sont la pondération, l’action juste et nécessaire. Clair parce que détaché des tribulations humaines. Il a un rôle de transmission dans la compassion mais la fermeté. Il peut être chef spirituel ou être au service de sa communauté tout en étant à l’écart de cette même communauté : vénéré et craint tout à la fois.

Le chaman de l’Est
Arrivé dans la vie par la porte de la lumière : il est habité par cette lumière et une reliance particulière au monde spirituel, une communication directe avec le monde d’en haut. Son chemin est conduit par cette perception lumineuse des choses. Il n’est pas tributaire de l’apparence des choses. Son esprit voit bien au-delà : il a des caractéristiques visionnaires, prophétiques, il a accès aux secrets du monde. Il n’a nul besoin d’être porteur d’une tradition, sinon pour communiquer avec les humains qui ont toujours besoin de repères. C’est un éveilleur. Sa manière de chamaniser s’opère d’une manière subtile dénuée d’artifices, de techniques.                                                                                                             Il est le moins compris.                                                                                                                     Le chaman vient à la vie porteur d’un destin qu’il devra assumer. Quelque soit la porte par laquelle il sera entré dans cette vie, il devra l’expérimenter et en intégrer les expériences. Le chaman depuis l’aube de l’humanité remplit une fonction : être l’intercesseur entre ce monde et l’autre monde. Car les humains se sont coupés de la nature , du sacré jusqu’à oublier leur origine cosmique d’où leurs malheurs. Autrement dit le chaman n’apparaît pas formé d’une manière définitive. Il va devoir expérimenter, apprendre, découvrir, progresser tout au long de son existence. Celui qui est chaman incomplet, débutant, hésitant sera peut être plus tard un grand chaman puissant. Il saura très vite qu’en ce domaine, rien n’est jamais acquis, qu’il faut toujours se confronter avec les forces, acquérir une autre âme, des esprits alliés. Son chemin est celui du danger permanent. Il lui faudra très tôt s’affranchir de l’opinion d’autrui.

De par son chemin de vie, le chaman sera polyvalent : médium, guérisseur, sauveur d’âme, visionnaire mais pourra s’exprimer dans une spécialisation : chaman spirituel, chaman guérisseur, etc…

Joan Pinchu sept 2005