LUTHERIE CHAMANIQUE introduction

LUTHERIE CHAMANIQUE

Ici commence une nouvelle page, un nouveau chemin. J’évoque ici un aspect concret, spirituel, créatif de la relation de l’être humain à l’univers. Ce qui nous conduit directement à ce qui peut être sous formes grossières, voire extrêmement subtiles, à savoir : les sons, les vibrations.

Ce sont ces forces là qui nourrissent et animent le chamanisme. Par exemple, l’image du tambour est indissociable du chaman : mais pas que ! C’est donc naturellement que je vais ouvrir cette page d’échange, de partage et encore plus terrible parfois d’enseignement.

Pour combler un peu mon ignorance, j’ai consulté Wikipédia qui me dit qu’à l’origine, le luthier est celui qui fabrique des instruments à cordes ( pincées ou frottées ) , on dit facteur d’instruments pour la fabrication des autres instruments bien qu’aujourd’hui l’appellation de luthier et lutherie tend à se généraliser.

Mais loin de ces considérations, ce qui m’intéresse ici, et j’espère vous aussi, est l’approche de la fabrication d’instruments chamaniques que pour faire simple nous appellerons lutherie chamanique.

LUTHERIE CHAMANIQUE

Si la fabrication d’instruments chamaniques : tambour, flûte, sonara, chapaca, arc de bouche, tambour de bronze, etc… s’impose à un moment donné, cela s’opère selon des règles précises. Que nous allons effleurer ici.

Premièrement, un rituel chamanique peut être tout à fait isolé et exécuté dans la solitude par un chaman avec son instrument chamanique. D’autres rituels se pratiquent en groupe, ou corps social avec un chaman qui conduit le rituel. D’autres rituels encore peuvent se produire en rassemblant un groupe de chamans et un groupe de personnes.

Dans tous les cas le chaman opère avec ses instruments chamaniques. Dans une pratique collective, il peut tout à fait y avoir des instruments qui n’ont pas charge chamanique. Pour autant, leur énergie n’est pas négligeable, bien au contraire : ils servent de force d’appoint pour le chaman et sont de puissants alliés à la cohésion sociale et par là-même à la réussite de la pratique. Donc, pour cela, tout un chacun(e) peut acquérir un instrument baptisé chamanique dans une de ces nombreuses boutiques qui fleurissent au gré du marché, en faire un usage personnel et un usage d’appui dans de tels rituels. Il va sans dire la nécessaire conscience de ces actes, que ce soit pour soi ou pour autrui.

Bon, je me doute que nous arrivons à la question légitime : « mais, qu’est ce qu’un instrument chamanique ?«

Question simple, mais réponse complexe à laquelle je vais tenter d’apporter quelques éclairages. Tout d’abord , qu’est ce que cela n’est pas : ce n’est pas un objet de désir, ni un objet festif, un jouet, un objet décoratif, bref ce n’est pas une chose inerte.

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Il est important de percevoir que c’est un instrument « VIVANT ! », c’est-à-dire qu’il est animé par une âme qui est en relation intime avec l’âme du chaman.

Mais comment cela se fait-il ? Gardons à la conscience que cette vision des choses perdure depuis des millénaires, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures. Juste un exemple : les masques africains ou bien encore les poupées katchinas. Leur réputation d’être chargés d’énergie qui peut être dangereuse garde encore son aura d’angoissant mystère.

Autrement dit, un instrument chamanique est un être et pas seulement un objet. Il est à percevoir comme un esprit allié avec pour exigence, pour le chaman, d’avoir une relation et d’entretenir une relation avec son esprit allié matérialisé par un instrument. À l’instar des relations inter-humaines, cela demande une attention, sinon la relation perd de la force donc du pouvoir, il en est ainsi des instruments chamaniques.

À savoir et à garder à l’esprit que le pouvoir ( au sens noble ) n’est jamais acquis.

De même, la force d’un instrument chamanique ne réside pas dans son esthétique et n’est pas fait par exemple pour faire de la belle musique. Rappelons-le : sa force, c’est la force de son âme.

Je vais vous raconter un événement qui m’est arrivé en 2004 ou 2005. J’étais dans mon tipi à conduire une cérémonie. Je me trouvais face à l’entrée, le feu au centre et beaucoup de monde en cercle. Ce qui limitait mes mouvements. Mon tambour était à gauche de l’entrée. Derrière moi se trouvait un daf que j’avais reçu quelques jours plus tôt et destiné à mon divertissement. Donc un instrument avec un cadre en bois, des anneaux et une peau de percussion synthétique.

J’œuvrais donc quand brusquement, brutalement, j’entends et je vois mon tambour chamanique mourir. La scène est très rapide, des années après, je la revois encore. Mon tambour meurt, je vois son âme bondir, passer à travers le feu et venir se loger dans le daf derrière moi.

La vitesse de l’événement est telle qu’agir est tout simplement impossible, il me fallait accepter la situation d’avoir un tambour chamanique avec une peau en plastique, mais habité par une âme puissante. Depuis, il me sert toujours fidèlement et inversement.

Une autre règle universellement opérative est celle-ci :

Car dans les cultures chamanistes, il est nécessaire de n’utiliser pour la médecine que ce qu’on fabrique soi-même , ou créé par un maître guérisseur qui y aura apporté Lumière et Pureté.  Cependant sur un plan chamanique, la relation du chaman avec l’instrument doit être claire, véritable, forte et avoir une véritable force d’animation.

Naissance d’un instrument chamanique.

La naissance d’un instrument chamanique, c’est la naissance d’une vie, ni plus ni moins. Mon propos peut paraître abrupt, mais la vérité impose de dire les choses telles qu’elles sont.

Maintenant, voyons ! Une aventure chamanique n’a rien à voir avec un process productif ou autre formatage. Nous avons précédemment tracé une trame. Maintenant , il s’agit de créer un tissage. Évidemment, la vrai vie organise tout cela hors d’un schéma préétabli. Restons dans la trame pour l’instant.

Le ou la chamane à un moment donné se trouve dans la position voire la nécessité d’être porteur d’un instrument chamanique, celui-ci représente sont statut, sa fonction. Il est un outil de relation avec les esprits, un moyen de reliance, de guérison, etc. Mais aussi il est nécessaire au groupe, à la communauté pour signifier l’action.

Il y a là une similitude d’avec l’acquisition d’un nom chamanique, d’un animal allié, d’un esprit auxiliaire.

Cela peut venir de l’intérieur, soit par un ou des rêves prégnants, une vision ou bien encore un Einsicht ( insight : pour les anglophones )

Bien sûr cette formulation intérieur/extérieur relève d’une topologie propre à nos cultures contemporaines. Je l’utilise ici , justement dans un objectif de facilitation. Puisque nous avons posé cette dialectique. Bien entendu, cela n’est pas un mur infranchissable. Il est nécessairement respirant mais aussi utile pour la lecture et la compréhension des signes. Par exemple, si l’on est amené sur la voie chamanique à incorporer une plante ou un champignon sacré ; l’un ou l’autre nous amène plus vers l’intérieur et l’autre plus vers l’extérieur. Je pense en particulier au Peyolt, à sa capacité de mettre en exergue non seulement le monde intérieur de l’être mais aussi en même temps le monde extérieur qu’il soit physique ou symbolique voire subtil. Et surtout, de mettre tout cela en scène.

La naissance d’un instrument chamanique doit franchir en premier lieu le passage d’être juste l’expression d’une envie, d’un désir, vouloir posséder. Cette motivation purement humaine est dépendante de la psychologie de l’être humain. Sur le chemin, d’autres erreurs, d’autres difficultés vont se présenter. Pour user d’une image, la naissance d’un instrument chamanique est similaire au parcours d’un labyrinthe. Plus le chaman sera porté par une vision, plus il sera à l’écoute des esprits et du grand mystère plus son instrument aura de puissance. Mais pendant cette période de gestation une période de maturation, d’évolution intérieure aura lieu avec parfois des tourments, des troubles de santé et/ou émotionnels. Mais parfois les esprits peuvent être tout à fait paisibles, conciliants, compréhensifs et apporter leur aide chaque fois que nécessaire parce qu’il faut bien le dire, chaque histoire, chaque parcours est différent tout comme chaque vie est différente.

Bon, assez tergiversé ; une personne qui est destiné d’une manière ou d’une autre à être chaman, va se trouver devant la nécessité de réaliser son tambour. Cette réalisation présente toutes les difficultés et dures étapes. Ceci est transmis depuis des millénaires, mais bien sûr il y a quelques adaptations suivant les époques , les géographies et cultures. Antérieurement, les groupes humains étaient relativement soudés, partageant une cohésion sociale, le chaman étant , sinon compris, mais intégré à cette société. Ce qui n’est plus le cas de nos jours. La personne est investie par les esprits, la réalisation de son instrument devient une nécessité vitale. C’est la matérialisation sociale de son état, c’est aussi son « outil » d’exercice, symbole de sa relation aux esprits et de sa capacités de mettre en action ses pouvoirs chamaniques.

C’est pourquoi , employer le terme lutherie est vraiment plus juste en ce qui concerne les facteurs d’instruments. Un artisan luthier, avec tout son amour, son art, sa technicité, fabrique un instrument qui devra satisfaire des exigences esthétiques et musicales, mais aussi les désirs ou envies de celui qui commande la fabrication. Il est primordial de comprendre que la naissance d’un instrument chamanique est tout à fait opposé à ces critères.

En premier lieu, ce sont les esprits et le grand mystère qui vont conduire la réalisation de l’instrument qui est destiné à être le « cheval » du chaman en étroite relation avec lui. C’est à dire également un pont avec l’autre monde. C’est pourquoi, pendant tout ce processus, des forces dynamiques, spirituelles seront à l’oeuvre sous forme de visions, d’expériences intérieures et extérieures, de rêves, d’intuitions , etc… Car, le chaman va devoir cheminer dans une forêt de signes qu’il va devoir comprendre. Alors émergera comme une île mystérieuse dans notre monde le tambour du chaman qui deviendra en quelques sorte son double et donc sera habité, « animé «  par son âme.

Pour l’instant, je vais m’en tenir là , le sujet méritant un ouvrage entier. Je souhaitais juste introduire cette page et souligner la vacuité illusoire de nommer un objet comme un objet chamanique seulement en dehors de son envie.

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Maintenant, à partir de cette page , je vais peu à peu amener des partages , créations, etc…

LUTHERIE CHAMANIQUE « CHEZ FLORENT « 

Je vais commencer par vous présenter les créations de Florent, imprégné du monde spirituel du pacifique Sud; il se trouve maintenant dans la région Lilloise, donc au Nord de la France. Sacré transition. ! C’est un musicien , il en connaît les arcanes , mais au-delà de l’esthétisme musical , il explore les puissances spirituelles. C’est donc avec ces forces qu’il réalise des instruments chargés d’esprits chamaniques. Essentiellement le bambou , le roseau et des matières naturelles.

De ses mains et des son esprit naissent :

des flûtes , petites, grandes, basse, aiguës

des didjéridoos

des chimes prévus aussi pour la danse

xylophone

un instrument a cordes ( de chanvre )

http://albums.photoonweb.com/l/lodrac/lutherie_chamanique/

Pour le contacter envoyez un mail au cercle niya ou à Joan Pinchu

contact @chamanisme-niya.com