Nordique

La tradition Nordique, s’est instauré vers moins 1800 avant Jésus-Christ, un peu avant la civilisation et la Tradition druidique. Par contre le chamanisme Nordique lui s’étend de moins 10.000 ans à nos jours. Il nous faut ici différencier ce que l’on nomme Nordique de la civilisation Celte et Germanique. Le terme Nordique pour des raisons culturelles fait référence aux zones scandinaves.

Je m’appelle Joan Sigel, je suis originaire de la France méridionale. Par un de ces jeux dont le destin a le secret, je me suis retrouvé à être « investi » par la Tradition Nordique. A cette époque période de ma vie, j’étais dans un univers scientifique et dirigeais un laboratoire de recherche. Je dois avouer que l’irruption de ce monde à forte valeur magique a mis à rude épreuve ma raison. Mais, je n’ai pas l’intention de faire ici ma biographie. Le nom de Joan Sigel fait référence à mes origines, pour mes amis scandinaves, j’évoque le soleil, le dieu de la vie, de la fertilité, de la fécondité. L’énergie en mouvement, le cycle éternel de morts et renaissances.

Je souhaite au travers de ces pages permettre au lecteur d’acquérir une perception lisible du chamanisme nordique. En effet, le sujet est complexe. Il est aussi comme l’eau du torrent qui coule. L’eau circule à grande vitesse, elle est toujours en changement mais toujours le torrent reste lui-même. Le sujet est difficile, très complexe pour un « spécialiste », alors je peux comprendre la difficulté d’une personne à « s’y retrouver ». Pour cette raison, j’anime un site quelque peu descriptif afin de partager des pistes, des repères. Et peut être donner le désir d’aller plus loin dans cette découverte. Comme, je l’ai écris précédemment le Chamanisme Nordique fait partit du patrimoine commun à l’espace européen. Pourtant, il est largement ignoré et se trouve pratiquement en voie d’extinction.

Faisant parti des quelques rares tenant de cette tradition, il est de mon devoir de la partager dans la mesure de ce que je peux transmettre. C’est la raison de ce site. Mon projet est simplement de donner des repères, des clefs.

C’est à chacun de ressentir l’esprit ou l’appel vers un chemin. Comme toute pratique chamanique, nous sommes en présence d’une démarche qui implique l’individu dans son expérience individuelle, sa démarche personnelle dans sa relation à la nature et au sacré. Bien entendu l’univers chamanique trouve en second lieu son utilité dans la cohésion d’un lien social d’une communauté d’individu.

S’il a vocation à permettre la survie d’une personne ou d’un groupe, le chamanisme ne prétend pas régenter un groupe de personnes.

Le Chamanisme Nordique, nous propose une manière de voir le monde et de le vivre en relation avec un environnement qui lui est propre. Le chamanisme est universel dans ses fondements et divers dans ses formes d’expression. Il est facile de comprendre qu’un Inuit, ne se trouve pas dans les mêmes conditions géographiques, historiques, environnementales qu’un Amérindien Navajo ou Huichol.

De la même façon, pour nous autre européen d’aujourd’hui. Il n’est pas question d’avoir des pratiques passéistes et inadaptées à la situation. Il est beaucoup plus important de respecter le sens et la profondeur du sacré.

Le chamanisme est à la mode, cela peut être un bien comme cela peut être un mal. Le Chamanisme Nordique échappe à cette mode, étant « moins porteur » dans un monde ou le sacré est censé être une marchandise.

Le chamanisme nordique

Le chamanisme Nordique présente des aspects dans lesquels on reconnaît tout naturellement l’empreinte des Sames et des Finnois.

Les Sames étant depuis toujours considérés comme de fameux magiciens. Pourtant, peu à peu, ils furent repoussés vers le Nord, vers la Laponie. Pour laisser la place à une population plus continentale et colonisatrice, catholique puis protestante. Les Sames, étaient rejetés et méprisés pendant longtemps dans le Nord. Aujourd’hui, les Sames retrouvent leur dignité et revendique ouvertement leur identité.

Très peu de chamans ont survécus à la ségrégation et à l’ethnocide conduit par l’église. Malgré cette évolution, aucun same aujourd’hui ne se risque à vivre sa tradition. Il reste le Jöck, une manière de battre le tambour en improvisant un chant qui est une pâle gestuelle par rapport à battre le tambour d’une manière chamanique.

Aussi, dans le chamanisme Nordique, nous retrouvons naturellement de nombreux aspects de la tradition des Lapons, des Finnois, du Nord de l’Europe continentale y compris de Sibérie. Bien des aspects du chamanisme Nordique évoque la spiritualité chamanique des Amérindiens. Mais, le chamanisme Nordique possède des traits spécifiques.

Une tradition méconnue

Dans une Europe qui cherche sa paix, sa cohésion, sa force dans une inspiration chrétienne et qui s’inquiète d’un avenir incertain, le passé nous révèle des aspects et des enseignements profonds.

A travers de l’Europe un nombre de plus en plus grandissant de personnes recherchent une forme de spiritualité humanisante au travers de pratiques sacrées extérieures à l’Europe. Un peu partout se célèbre des cérémonies dans les traditions Amérindiennes qui deviennent plus connue et plus accessible que le vieux fond commun européen.

Il existe bien ça et là des cercles druidiques, dont les activités de la plupart relèvent plus du folklore que d’une véritable tradition. Il existe également quelques cercles Odinistes qui ne sont le plus souvent que les repaires de groupe d’extrème-droite. Au fond de nos campagnes entre superstitions, sorcellerie, pratiques insolites voire dans les danses folkloriques ; celui qui sait discerne les restes d’une ancienne sagesse.

De plus nous sommes à une époque ou la prédation et la corruption sont devenus un mode de vie, l’incompétence est érigée en vertu et les véritables penseurs, philosophes, savants, les créateurs, les sages sont condamnés au silence. Les images et la pensée se brouillent comme si notre univers en évolution nous transformait dans un immense saut de conscience inéluctable.

Alors ! Alors ! Pourquoi évoquer le sujet du Chamanisme Nordique ?

La réponse est simple, il s’agit tout simplement de la survie de notre humanité. Car le chamanisme est cette sagesse venue du fond des âges, au moins 20.000 ans et sûrement plus.

Cette sagesse est profonde, globale, universelle puisqu’elle parle de l’homme et de son rapport au monde, à la vie et au sacré.

Cela fait cinquante années que je suis dans le chamanisme comme on dit de nos jours. J’ai appris à discerner la complexité des choses simples, la grande sagesse des anciens, j’ai appris à dialoguer avec les arbres, les plantes, les étoiles, les animaux, les esprits.

Je sais que nous sommes des êtres vivants, vivants dans un monde vivant. Tant que l’homme moderne n’acceptera cette évidence, il sera dans une logique de mort. Car comme le disent les anciens, nous faisons partit du tout. Détruire ce Tout, c’est se détruire soi-même.

Piller les richesses naturelles, épuiser le sol, polluer l’eau et l’air, polluer la nourriture, tout cela revient à une automutilation.

Le chamanisme nous enseigne la manière de nous comporter face à notre Destin, face à la vie et au sacré.

Il nous enseigne la Conscience de la Conscience. Des personnes ignorantes assimilent le chamanisme à des pratiques primitives, sous-entendu que dans leur esprit, il s’agit là de choses infantiles. Il n’en n’est rien, c’est une évidence qui apparaît pour peu que l’on se donne la peine d’aborder le sujet.

Celtisme, druidisme, tradition nordique

L’Europe possède la particularité d’avoir eut une tradition faisant passage entre la période chamaniste et la période où s’installât le pouvoir religieux. En Europe, se mis en place en raison d’une société hiérarchisée en trois domaines : classe aristocratique, classe sacerdotale, classe guerrière, le reste étant composé des propriétaires terriens, artisans, esclaves.

Sur cette base émergea en Europe deux tradition « cousines » : celtique et nordique qui possèdent une similitude extrême. Ces deux traditions se sont constituées sur une base chamaniste très importante, mais possèdent tous les éléments d’une religion institutionnelle.

Les druides et les godis participent du pouvoir en association ou en place de l’aristocratie. Il y a une hiérarchie, un dogme, un système de secret par l’intermédiaire des Rune et des Oghams. Le pouvoir spirituel n’est alors plus détenu par l’individu mais par un système hiérarchique. Ces deux traditions allaient marquer profondément le fond culturel européen. De nos jours le Druidisme est entouré d’une fascination due à son aura de mystère, de magie comme nombre de grandes civilisations disparues. Il existe aujourd’hui encore des cercles de druidisme dont la plupart relèvent plus du folklore que d’une réelle tradition. La Tradition Nordique encore plus mystérieuse et inaccessible a presque disparue dans l’anonymat. Pourtant, elles recèlent des trésors inestimables. Le problème est que ces deux traditions, nous fond écran à nous Européen pour percevoir notre passé chamaniste pourtant vieux de 15 à 20 000 ans.

Il nous reste à discerner entre les vestiges archéologiques, linguistiques, le folklore, la mythologie les éléments chamaniques très important de notre culture.

J’ai pu entrevoir combien le chemin est difficile pour un Européen d’aujourd’hui de se relier à ses racines originelles. Le passé de l’Europe est riche, lourd, complexe et s’y retrouvé n’est pas chose facile. Les barrières culturelles, cultuelles se sont imbriquées, mélangées. Il est donc extraordinairement complexe pour un profane de distinguer le fil conducteur, les adaptations, de distinguer le vrai du faux.

Passé et Présent

Le passé du chamanisme nous renvoi quelques milliers d’années en arrière. Mais, cette appréciation valable sur un plan historique devient beaucoup moins évidente lorsque l’on a conscience de l’actualité du chamanisme ;

Nombreuses sont les personnes qui voient le chamanisme comme un ensemble de pratiques primitives donc incompatible avec la vie moderne.

Sachant que le chaman à la possibilité de muter, c’est-à-dire de se transformer en un animal selon une intention. De la même façon, le chamanisme peut changer de forme pour s’adapter à une situation particulière.

L’union soviétique a mis les chamans dans des goulags ; l’église catholique a sommé les chamans de rendre leur tambour sous peine de mort. Mais prendre le tambour d’un chaman c’est aussi une condamnation a mort et l’on pourrait énumérer les exactions envers ses serviteurs du peuple et de la vie. Mais, malgré les génocides, ethnocides et autres menticides, le chamanisme est toujours présent. Il sera toujours présent tant qu’il y aura une existence humaine sur la planète terre. Car le chamanisme est inhérent à toute existence humaine qu’on le veuille ou non. L’heure est à se gonfler d’importance en parlant de mondialisation, les chamans aussi se mondialisent évidemment avec un autre esprit que celui des prédateurs de l’économie mondiale. Mais, la difficulté est pour les occidentaux. Certains en quête de spiritualité

Authentique, d’autres de magie et de rêve, d’autres encore de voyages artificiels, d’autres encore à la recherche d’une singularité ou d’une reconnaissance. Certains voyant même dans le chamanisme la possibilité d’un « créneau » socio-économique. Evidemment la rencontre avec la réalité chamanique et sociale avec des groupes ethniques chamanistes amène de nombreuses désillusions. La première illusion est de croire que l’on peut acquérir la compréhension chamanique sans se plonger dans le contexte et l’univers de telle ou telle tradition. Et encore faut-il avoir des dispositions pour cela. L’enseignement chamanique est long et difficile, alors que les personnes occidentales sont dans la « productivité « du temps et l’insatisfaction permanente. L’univers chamanique quant à lui transcende le temps, c’est même un temps qui dilate le temps d’une existence humaine. D’un autre côté existe un autre hiatus : l’occidental est conditionné à nié la nature et à la dominer pour la soumettre à ses propres besoins, je dirais même à ses propres caprices enfantins.

La société chamanistes se met en phase voire en fusion avec les lois de la nature, on le voit l’antithèse est totale.

Mais, la réalité est là, la vision chamaniste est essentielle à notre possibilité de nous adapter en tant qu’espèce humaine à l’évolution de notre univers.

Les chamans et le chamanisme ont cette capacité à changer de forme à s’adapter aux changements aux transformations sans perdre son âme. Il faut bien reconnaître que le monde occidental est en échec à ce niveau. La tradition chamanique nous enseigne des choses qui sont en fait essentielles à la survie de notre humanité.

Qu’est ce que la vie
Qu’est ce que la mort
Comment vivre
Comment se comporter envers soi, les autres, la nature, le sacré.

Les anciens savent, c’est une affirmation qui peut faire sourire à une époque où les enfants apprennent aux adultes à se servir d’internet. Mais, se servir d’une technologie n’est pas un gage de connaissance et de sagesse. Pour vivre le chamanisme depuis cinquante ans, ce n’est que graduellement, j’ai pu saisir le sens de certaines expériences, la validité des cérémonies et la pertinence des pratiques chamaniques. Aujourd’hui, je suis impressionné par l’intelligence des anciens et surtout par leur sagesse, Merci à eux de nous avoir transmis cet héritage essentiel.

Le chamanisme à survécu au christianisme, au communisme, au boudhisme et autres « grandes religions », au totalitarisme et survivra au capitalisme.

L’arbre cosmique

Il est tant maintenant de rencontrer Yggdrasil le symbole central de la mythologie Nordique. Yddrasil, est considéré dans la tradition soit comme un frêne soit comme un if. L’if est le symbole d’immortalité, de la vie qui renaît, de cette vitalité qui trouve toujours des ressources alors que tout s’est éteint, que tout est terminé. L’if, représente aussi le ragnarok. Ce que l’on nomme le destin des puissances. Une sorte de fin du monde dantesque où les dieux s’entretuent. Un moment où toutes les portes sont ouvertes. Alors c’est le terrible choc entre le bien et le mal. La terre est déchirée, submergée par un déluge de feu. La terre tremble et s’entrouvre, puis c’est un déluge d’eau après le passage de maladies toutes plus terrible les unes que les autres. C’est une époque de décadence des mœurs, tout est pollué. Après la fin du monde, un autre monde émergera, plus beau, plus harmonieux et apparaîtra le dieu Balder : le beau, le lumineux.

On dit aussi qu’yggdrasil est un frêne élevé. Effectivement, le frêne était en Scandinavie un arbre sacrificiel auquel était pendu différentes sortes d’animaux et des être humains.

Maints spécialistes discutent doctement de la nature de l’arbre yggdrasil en perdant de vue son aspect symbolique.

En effet, yggdrasil est le mythe central de la tradition Nordique et en ce sens contient et représente tous les arbres.

Nous avons là une densification de l’arbre du chaman.

Pour un shaman, l’arbre représente la colonne vertébrale, l’axe cosmique. Il est une représentation à la fois de la montagne mythique et cosmique qu’une représentation du cheval et de l’échelle.

En Sibérie, Europe centrale, Europe du nord et dans toute l’Europe, comme dans bien d’autres tradition l’arbre est essentiel. Rappelons la vision de l’arbre en tant qu’ancêtre originel de l’homme. Il en est de même dans la tradition nordique puisque l’homme et la femme seraient nés d’un morceau de bois trouvés par odin au bord d’une plage : un morceau d’orme pour l’homme, un morceau de vigne pour la femme.

Pour le chaman, l’arbre représente parfaitement la relation entre les mondes : monde aérien, monde souterrain, monde terrestre, monde céleste, monde divin. Bien que le nombre de mondes change selon les traditions, il se répartit globalement en :

- Monde souterrain, monde obscur et/ou monde des morts
- Monde terrestre c’est-à-dire notre monde
- Monde céleste dans lequel résident les dieux et les esprits

A cet égard, l’arbre possède également une similitude avec l’arc-en-ciel. L’arbre chamanique est un support plutôt un pont entre notre monde et les autres mondes. Ceci est conforté par le fait que lors des cérémonies chamaniques, un cheval était attaché à l’arbre. Le sommet de l’arbre pointe vers l’étoile polaire, la porte céleste. L’Ascension de l’arbre est d’une représentation de l’Ascension céleste.

Dans l’univers chamanique l’arbre à bien d’autres fonctions.

Il est un moyen divinatoire, plusieurs procédés et modes divinatoires sont liés à la nature de l’arbre.

L’arbre fournit le bois du tambour chamanique, instrument essentiel à l’art chamanique.

Sa sève, ses feuilles, ses écorces servent à des médications chamaniques.

Mais l’arbre chamanique par excellente est le bouleau, qualifié d’arbre de la lumière.

Le bouleau sert de tombe pour les restes du chaman qui sont encastrés dans une cache taillée dans le tronc. Le chaman possède une relation spécifique avec « son » arbre à tel point que si l’arbre meurt, le chaman meurt.

Dans l’univers Nord Européen, l’arbre dispose d’une place centrale, cela va de sa présence quotidienne comme dans les rites les plus sacrés. La vie des Nordiques s’installe dans les plus larges clairières. De l’arbre on extrait de la sève pour faire une sorte de bière, ou pour faire un vin ou un champagne notamment du bouleau. On en extrait du sucre. Des baies, on se nourrit tout comme d’ailleurs de l’intérieur de l’écorce râpée finement, elle est mélangée à la farine pour faire du pain. De l’écorce, des fruits, des feuilles, de la sève, des bourgeons, on obtient de multiples remèdes. Des branches (bouleau, cerisier, pommier, etc. ;), on fait des torches. De même, par extraction, on produit une sorte de goudron très efficace pour les moyeux des roues, pour les tonneaux et les bateaux. A partir du bois, on obtient des maisons, des bateaux, des armes, des outils, du feu, de la chaleur pour l’hiver, des instruments de pouvoir, de possession, de guérison. De l’arbre vient la vient en tant qu’ancêtre originel, comme premier homme, comme première femme. Il est la figure même du don, de la générosité non comptée et du renouvellement constant de la vie. L’arbre est aux Nord Européens, ce que le bison est aux amérindiens des plaines. Pas de surprise donc, de le voir trôner au centre de la vie sociale, cultuelle et spirituelle des anciens scandinaves.

Pourquoi évoquer le chamanisme nordique

Trolls, elfes, nornes, Odin, Thor, Walkyries, nains, géants, esprits souterrains, feu et glace, forces magiques, runes, voilà un monde extraordinaire. Dans les brumes légendaires du Nord ou paraît le soleil comme une féerie de la vie, naît alors chez l’être humain un sentiment d’euphorie intérieure propice à la poésie, à l’enchantement, à l’ouverture de la conscience vers d’autres possibles. Mais c’est aussi un monde de glace qui fige tout, de brumes qui fait disparaître de la vue les choses ou les êtres aimées et qui soustrait de la vue des dangers hors de l’entendement. Voici le mariage de la glace et du feu qui engendre une vie intense. Un tel monde ne peut qu’exacerber les imaginaires et les expériences ultimes. Ici, le mensonge, la duplicité, la médiocrité n’ont pas place. Il faut assumer son destin quel qu’il soit et le faire en beauté, si j’ose dire.

Les anciens du monde scandinave comme bon nombre d’anciens d’autres traditions, nous ont légué une vision du monde, une expérience du monde particulière.

Les anciens Nordiques, nous ont légué un patrimoine inestimable et méconnu.

Comme leur homologues Sibériens, les Nordiques furent imprégnés d’animisme et avaient une profonde et réelle perception du sacré. La vision animiste du monde confère aux êtres et objets une énergie particulière, singulière, c’est-à-dire une âme. Quant au chamanisme, s’il s’inspire est imprégné d’animisme, il ne se réduit pas à cela. Dans le monde Nordique, le chamanisme jusqu’à la répression catholique y trouva en ce monde son expression vivante.

Mais, qu’est ce que le chamanisme, dans sa nature et sa forme Nordique. Il me faut ici définir, au moins dans les grandes lignes, le chamanisme.

Le chamanisme, univers complexe et vivant donc multiforme et évolutif, peut se définir comme la plus ancienne sagesse de l’humanité. Il est apparut avec l’homme sur terre et l’on retrouve sa trace dans les plus anciens vestiges de l’humanité, comme dans le fond de chaque religion contemporaine.

Le chamanisme correspond à une vision du monde ou chaque chose possède une âme : les pierres, les rochers, les plantes, les arbres, les animaux, les êtres humains, les étoiles, le vent, l’orage, les sources, etc..

De plus le chamanisme suppose une vision dynamique de la vie, que l’on doit d’ailleurs protéger et honorer. Rien n’est fixe, rien n’est figé, tout est changement et transformation. Cela veut dire aussi que rien n’est jamais acquis. Dans ce contexte la notion de Destin compris comme une force suprême conduit la vie et nous oblige à prendre en charge notre existence. Ce destin nous devons l’assumer et non le subir. Le monde est imprégné de forces obscures ou non dont il faut se concilier les faveurs sous peine de gros problèmes. De plus, tout est sacré puisque tout est vivant. Cette relation au sacré est permanente. L’idée même d’un monde profane est inconcevable.

Le chamanisme est cette sagesse du vivant, du sacré. Son rôle est de maintenir le dialogue avec le sacré, les esprits, les forces de la nature.

Pour cela, il faut un intercesseur : ce personnage, c’est le ou la chaman(e).

Dans les sociétés traditionnelles, le chaman cumulait plusieurs fonctions : Il devait maintenir la cohésion et contribuer à la survit de la tribu.

A la fois devin, prêtre, guérisseur, conseiller. Il se faisait l’interprète des hommes auprès des esprits et des dieux.

Les runes

Neufs chants suprêmes
J’appris du fils renommé
De Bölthorn, père de Bestla,
Et je pus boire
Du précieux hydromel
Puisé dans Odrerir.

Alors je me mis à germer
Et à savoir,
A croître et a prospérer,
De parole à parole
La parole me menait,
D’acte en acte
L’acte me menait.


Tu découvriras les runes
Et les tables interprétées,
Très importantes tables,
Très puissantes tables
Que colora le sage suprême
Et que firent les Puissances
Et que grava le crieur des Dieux.

Odhinn parmi les Ases les grava
Pour les Alfes, ce fut Dainn
Dvalinn, pour les nains
Asvid pour les géants,
J’en gravai moi-même quelques-unes.

Sais-tu comment il faut tailler ?
Sais-tu comment il faut interpréter ?
Sais-tu comment il faut peindre ?
Sais-tu comment il faut éprouver ?
Sais-tu comment il faut demander ?
Sais-tu comment il faut sacrifier ?
Sais-tu comment il faut offrir ?
Sais-tu comment il faut immoler ?

Mieux vaut ne pas demander
Que trop sacrifier.
Qu’il y ait toujours récompense pour don.
Mieux vaut ne pas offrir
Que trop immoler.
Voilà ce que thund grava
Avant les origines de l’humanité ;
Là, il ressuscita
Quand il revint.
Ces charmes je sais
Que ne sait femme de prince
Ni fils d’homme.
L’un s’appelle Aide
Et il t’aidera
Dans les procès et les chagrins
Et les dures détresses.
J’en sais un second
Dont ont besoin les fils des hommes,
Ceux qui veulent être mires
J’en sais un troisième :
Si je suis en pressant besoin
De mettre à mal mes ennemis,
J’émousse le fil des épées
De mes adversaires.
Ne mordent plus leurs armes ni leurs engins.
J’en sais un quatrième :
Si les guerriers me mettent
Liens à bras et jambes,
J’incante de telle sorte
Que je vais où je veux,
Fers me tombant des pieds
Et liens des bras.

J’en sais un cinquième :
Si, par vilaine, l’on m’envoie
Un trait volant parmi le peuple,
Il ne va pas si impétueusement
Que je ne puisse l’arrêter
Si je viens à le voir.

J’en sais un sixième :
Un homme me navre-t-il
D’une racine de bois plein de sève
Cet homme
Qui me voue au malheur,
Les maux le consument plutôt que moi.

J’en sais un septième :
Si je vois la haute flamme
Ardre la salle parmi les compagnons de banc,
Elle ne brûle pas si vaste
Que je ne puisse me préserver.
Tel est le charme que je chante.

J’en sais un huitième
Qui à tous est
Profitable à prendre :
Où que s’enfle la haine
Parmi les fils du chef,
Je peux l’apaiser promptement.

A présent les dits du Très-haut
Sont chantés dans la salle du Très-Haut,
Très utiles aux fils des hommes,
Inutiles aux fils des géants ;
Salut à celui qui chanta !
Salut à celui qui sut !
Qu’en jouisse celui qui les apprit !
Salut à ceux qui écoutèrent !