La bière

La boisson sacrée des guerriers et des souverains.

Dans la tradition Nordique, et Celtique, la bière est une boisson sacrée que boivent les guerriers et les aristocrates. Dans la Gaule antique, la bière était considérée comme liée à la déesse des moissons donc à la fécondité.

La bière par la cosmogonie se trouve reliée au forgeron dont on sait l’importance dans les sociétés anciennes.

La bière était bue en grande quantité dans les grandes occasions : suite à une victoire, pour fêter une grande action, un couronnement, pour une fête religieuse, en particulier début novembre.
Elle avait pour fonction, également, de porter la parole : c’est l’origine ancienne des toasts que nous portons aujourd’hui, en certaines circonstances.
La bière avait aussi valeur de sacrifice, voire de jugement. En effet, le roi déchu en fin de règne, ou destitué , ou ayant abusé du pouvoir, se noyait dans un chaudron de bière tandis que sa maison était incendiée.
Mais sur un plan purement chamanique, la bière est versée au pied des poteaux sacrificiels pour s’accorder les faveurs des esprits.

Il faut savoir, que cette boisson avait valeur de support d’immortalité, ce qui on en conviendra avait un intérêt certain pour des guerriers. Cette boisson sacrée à l’origine, était brassée de différentes façons et diffère un peu de notre bière industrielle.

Tout d’abord, il fallait une eau de source tourbillonnante, et qu’elle soit fermentée par un sanglier. Le sanglier est un symbole originel donc primordial, il représente l’autorité spirituelle. Les Bersekirs, ces guerriers féroces, habités par une fureur guerrière, emplis d’un feu qui flamboyait par leurs yeux. Leur apparition vociférante terrorisait leurs ennemis.

Le symbolisme de la bière est lié à celui de la fermentation, ce qui explique son utilisation lors des rites de passage dans maintes traditions de la planète terre. La bière exprime le passage du lait, donc de l’état d’enfance, à celui d’homme.

Mais la bière fait partie intégrante des rituels nordiques.
La connaissance des Runes passe par la connaissance des Runes de la bière. La magie utilise pour ses fins des copeaux de bois sur lesquels sont tracés les runes teintées de sang sacrificiel ou de couleur rouge obtenue à partir d’écorce d’aulne. Ces copeaux sont incorporés dans la bière. Dans le même temps les incantations, poèmes gnomiques, paroles magiques sont prononcées.
Ce procédé sert à la guérison, à la protection tout comme à la charge défensive.

La bière est également un élément essentiel d’offrande aux esprits dans le chamanisme nordique.
Elle est versée au pied des poteaux sacrés. Elle est bue de manière sacrée avec l’hydromel lors de cérémonies chamaniques importantes. Cet emploi, je vous l’assure, nécessite force sagesse et connaissance.

Ce sont les runes gravées sur le bouleau,
Ce sont les runes de délivrance
Et toutes les runes de bière,
Et les suprêmes runes de puissance,
Pour qui sait sans erreur
Et sans adultération
S’en servir comme de talisman ;
Jouis-en si tu les as appris,
Jusqu’à ce que les puissances s’entredéchirent


Voici une thula (énumération mythologique), la thula de walkyrie qui illustre parfaitement la relation de la bière avec le mode guerrier :
Hrsit et Mist,
Je veux qu’elle m’apporte la corne,
Skggjöld et skögul,
Hild et Thrüd,
Hlökk et herfjötur,
Göll et Geirönul,
Randgrid et radgrid
Et Reginleif,
Elles servent la bière aux einherjar.

Je t’apporte de la bière
Arbre du thing des cuirasses
Mêlée de force
Et de puissant renom,
Elle est pleine de charmes
Et de vertus,
De bonnes incantations
Et de runes de joie.

Malgré tout, les dieux sont pleine partie dans la sacralité de la bière :
La mère de Tyr le dieu de la justice et de la parole donnée parle :
« Voilà l’occasion,
Si vous pouvez y parvenir,
De sortir de notre temple
Le vaisseau à bière
Tyr essaya
Par deux fois de le mouvoir ;
À chaque fois resta
Le chaudron immobile. »

Il te faut connaître les runes de la bière
Si tu veux de la femme d’un autre
Trahir la foi, et te sens aussi assuré ;
Sur une corne il les faut graver,
Et sur le dos de la main
Et marquer sur un ongle Naud.
Le dit de Sigrdrifa,

Lui porta de la bière
Car il était le plus savant,
(À composer des breuvages magiques)
Si bien que sur son siège
Elle s’endormit.
« Voici que j’ai vengé
Mes malheurs,
Tous sauf un seul
Sur l’assoiffé de mal. »

La bière est sous le « patronage » d’un Dieu : Aegir.                                                   D’ailleurs, celui-ci est souvent nommé dans les textes « Brasseur des Dieux »

Comme le rappelle cette strophe :

Les dieux suprêmes
Pourront bien boire
La bière chez Aegir.