Le bâton médecine

Le bâton est un “simple” morceau de bois, mais ce morceau de bois est le support de différentes représentations symboliques que l’on retrouve au travers des différentes traditions terrestres.

Pourquoi, un tel pouvoir représentatif ?

Pour cela, il est nécessaire d’appréhender cet instrument en tant qu’extension de la main humaine, elle même instrument de l’esprit humain.
Autrement dit, ce qui permet au spirituel de s’exprimer dans le monde de la matière.
Ainsi, le bâton peut être compris comme un index qui montre, qui désigne, qui juge, qui condamne, qui pointe, qui trace, qui caresse, qui appelle, qui injurie, qui indique une direction voire un désir.
Certains d’entre vous, ont encore l’image du maître d’école qui avec sa baguette dirige sa classe voire punit en frappant avec cette même baguette.
Pensez au chef d’orchestre qui officie avec une simple baguette.
De même c’est une simple baguette qui sera l’instrument nécessaire à la pratique du tambour.

Les rois sont représentés par un sceptre, instrument de l’autorité suprême, du règne sur la matière et l’esprit.
Le pape et sa crosse.
Le bâton participe des trois règnes : physique, émotionnel, spirituel.
Dans tous ces cas, c’est lui qui représente l’énergie, la force, la direction.
Dans la république française le plus haut grade militaire est celui de maréchal symbolisé par le fameux “bâton de maréchal”, représentant à la fois sont grade et son autorité.

Le bâton correspond aussi symboliquement à la colonne vertébrale, véritable arbre de vie autour duquel s’organise la vie de l’homme.
Observez les autres peuples, les autres manières de vivre.
Voyez, ces bergers dans les terres désolées conduisant leurs troupeaux famèliques .
Voyez, ces griots contant les généalogies. Voyez ces rois ou ces dignitaires tous armés d’un bâton, soit une simple branche naturelle ou un bâton délicatement orné et travaillé par un artiste.
Voyez le bâton médecine du chaman.

Le bâton dès les origines fut le premier instrument de l’homme car il servit à produire, reproduire et transmettre le feu.
Le feu, cette énergie céleste qui, établissant la relation Terre-Ciel, permit à l’homme de survivre et de se développer.
C’est aussi le bâton fouilleur permettant d’atteindre des racines nourricières dans la terre, de creuser également à la recherche de l’eau.
D’être l’index du temps, en matérialisant l’ombre du déplacement solaire. Le bâton sert également à tenir un danger à distance, il marque le territoire personnel proximal.

Le bâton est représentatif du symbole important de l’axe cosmique, cet axe qui délimite le temps et l’espace, autour duquel s’articule l’univers, autour duquel tourne la roue cosmique, des réincarnations, des morts et résurrections.
L’axe autour duquel de développe le destin d’une existence humaine, d’une civilisation ou d’un univers.
Il est le centre du cercle zodiaqual de toutes les astrologies et de toutes les philosophies.
Ainsi, devant la banalité, d’un simple morceau de bois se cache les plus grands mystères de l’univers.

Le bâton, axe du monde, colonne vertébrale, soutien de la marche du pasteur ou du pèlerin, symbole de l’autorité et du pouvoir, symbole de l’esprit pénétrant, comme protection et comme arme.
N’oublions cependant pas que le bâton est aussi l’instrument de la punition.
Le bâton est aussi la baguette magique de la fée qui par ses pouvoirs ferme ou ouvre l’esprit et transforme le monde.
Le bâton est la suprématie de l’esprit sur la matière, la suprématie de l’invisible sur le visible.
Le bâton est souvent associé à la symbolique phallique, représentatif de la fertilité, du feu, de la régénération.
Soutien, tuteur, enseignant, initiateur, tel est la magie fondamentale du bâton qui est aussi symbole de renaissance par le symbolisme du rameau qui reverdit, donne un surgeon.
Indiquant qu’après une mort apparente, renaît la vie.
L’existence éternelle se trouve donc dans ce message de l’éternel renouveau.

Le serpent est souvent associé au bâton, peut-être en tant que symbole justement de renouveau, de changement de peau, de connaissance et de médecine.
Il est d’ailleurs curieux de constater que lorsque l’on hypnotise un serpent, il devient raide comme un morceau de bois.
Il suffit alors, de le jeter au sol, pour qu’il retrouve sa nature de serpent.
Nous avons dans le symbolisme du bâton, la représentativité à la fois de l’unité et de la dualité.
Mais, le bâton est aussi représentatif de la foudre qui s’abat sur la terre pour la féconder.
D’où cette reproduction de frapper le sol avec un bâton dans les rites anciens notamment pour réveiller la terre à l’arrivée du printemps.
Le bâton peut même permettre de découvrir de l’eau ou de faire jaillir une source.
Le bâton de la sorcière permet le voyage de l’âme.
Le chemin de l’initié dans son voyage se retrouve dans le symbole du bâton noueux, chaque noeud étant, une étape, une initiation, un passage, mais également un centre d’énergie.

Le bâton du chaman est symbole de la monture invisible, véhicule des voyages dans les autres mondes, mais aussi de l’autorité qu’a le chaman dans l’exercice de ses dangereux périples.
Chez les Amérindiens des plaines, outre le bâton du chaman, il existe différentes sortes de bâton.

Le bâton de touche : c’est un bâton qui servait à compter les coups.
Au cours d’une bataille, des guerriers intrépides se jetaient au coeur de la lutte et allaient toucher avec le bâton un ennemi.
Plus il comptabilisait de coups, plus c’était un guerrier valeureux et courageux.

Le bâton de parole
Ce bâton servait au cours de conseils, de cérémonie ou de réunion pour résoudre un conflit.
La personne qui tient le bâton a la parole. Chacun se doit de l’écouter attentivement, et le bâton circule dans le cercle.

Chez, les anciens scandinaves le même procédé avait lieu : un sexe de cheval embaumé tenant lieu de bâton.
Chez ces même scandinaves, le bâton d’infamie servait pour agir magiquement envers des personnes ennemies.

D’ailleurs chez les chamans Nordique le bâton porteur des Runes est l’instrument magique, de connaissance et de pouvoir par excellence.

Le bâton de prière
Il s’agit d’un bâton élaboré et orné de manière personnelle afin d’être un outil de reliance spirituelle avec le grand mystère.