Le bouleau

Il est là
À l’orée de la forêt
Si puissant dans son apparente fragilité
L’arbre lumineux
Le cheval de l’esprit
Souffrant de nos tribulations
Et pourtant prêt au sacrifice suprême

Son écorce est la lumière
Dans la noire période
Il resplendit quand tout est caché
Face à la tristesse
Il annonce le renouveau

Une de ses branches est une torche
Pour l’homme perdu dans l’obscurité
De son âme

Sa sciure fait du pain
Sa sève nettoie le corps
Et l’abreuve
Ses feuilles soignent la froideur du corps
Et dissipe les miasmes délétères
Son goudron graisse les moyeux
Parfume les cuirs
De son bois surgissent maints instruments
Doux à l’homme

Ses racines plongent dans l’inframonde)
Elles sont la porte des défunts
Elles sont la porte du monde souterrain
Et de ses habitants, les nains habiles

Ses feuilles sont les nuages de la terre
Elles fouettent les corps
Dans l’étuve sacrée
Fertilisent l’esprit et le corps

Du tronc naît le tambour du chaman
Axe cosmique entre la terre et le ciel
Il est le soutien du voyageur de l’âme
Et son refuge ultime

À nul autre pareil
Son essence est l’hydromel sacré des Dieux
Grâce à toi ! bouleau sacré !

Joan sigel Pinchu