Le tambour chamanique

Le tambour chamanique est l’emblème par excellence du chamanisme à tel point qu’il fut utilisé comme moyen de répression par les religions colonisatrices pour instaurer leur pouvoir : le catholicisme, le bouddhisme en Mongolie, les baptistes en Scandinavie , etc…

Le chaman devait soit se convertir, soit briser son tambour : ce qui équivalait à un suicide pur et simple.
N’oublions pas les nombreux chamans qui ont péri dans les goulags du régime soviétique.

Le tambour est le cheval que chevauche musicalement le chaman pour voyager dans les autres mondes.
Il est la représentation de l’itinéraire mystique vers le centre du monde.
Le symbolisme du tambour est complexe puisqu’il concrétise à lui seul l’univers chamanique.

Il est indispensable à la séance chamanique. Son usage est multiple : guider le voyage du chaman dans l’autre monde, reliance à l’arbre cosmique, permettre le voyage de l’âme du chaman, appeler les esprits, rappel de l’âme, soutenir la transe chamanique,  voire appeler la pluie.  
Il est également instrument de diagnostic et de guérison chamanique car siège de la force sacrée.
Son usage un peu moins fréquent est celui de la divination.

Le tambour porte la voix de l’homme, le rythme vital de son âme ainsi que les remous de son destin.
Il est à la fois ciel et caverne.
Mais n’oublions pas son rôle de protecteur.
Il est à la fois échelle, arbre cosmique, vibration de l’univers, cheval.
Le son du tambour est assimilé au son primordial, au battement du cœur de la Terre-Mère.
Il représente autant le cycle de l’éternel retour que la conduite du temps en même temps que le dépassement de celui-ci.
En un mot, il est l’instrument de l’harmonie universelle.

La construction du tambour répond à une quête, elle est directement inspirée par les esprits.
Nous considérons que le bois du tambour est issu de l’arbre cosmique.
Une fois le tambour construit : le bois pour le cadre, une peau pour le couvrir ; il est procédé à La Cérémonie de « l’Animation du Tambour ».                                                    Sinon , le tambour ne reste qu’un objet:

Un chant est fait pour le bois au cours duquel est chantée l’origine du bois et ses valeurs.
Il est fait de même pour la peau : un chant pour l’esprit de l’animal qui s’est sacrifié.
Le tambour est fumigué, enduit d’un liquide sacrificiel correspondant à la tradition.
Le mien est enduit de liqueur de Palo Santo offerte d’une manière par un chaman d’Amérique centrale.
Je suis porteur du tambour chamanique pour lequel j’ai le plus grand respect.
Je partage cette tradition avec les personnes qui suivent mon enseignement.
Certains deviennent des porteurs du tambour avec tout l’engagement que cela implique.

N’hésitez pas à prendre contact pour toute question ou même pour partager votre expérience.


Cérémonie Tambour Médecine

« Le soir tombe sur la nature. J’arrive vers un abri circulaire qui semble baigné par un calme réconfortant. Lorsque j’y pénètre, il y a en fait de nombreuses personnes dans une sorte d’attente patiente et respectueuse.
Au centre de l’espace, il y a deux éléments : tout d‘abord un feu sacré au parfum odorant, puis un « autel de terre » rigoureusement agencé. Sur cet autel se trouvent divers objets : des tambours chamaniques, des « médecines chamaniques », des objets devant être purifiés ou sacralisés. Au fond de l’enceinte, face à la porte, dans l’axe autel-feu-porte se trouve l’espace du chaman qui dirige la cérémonie. De part et d’autre de cet axe, se trouvent les assistants du chaman. Autour de cet ensemble, se trouve un deuxième cercle de personnes : « le public ». En effet, cette cérémonie, s’adresse à toute personne désireuse d’y participer, en accord avec son caractère sacré. Car il ne s’agit ni d’un spectacle, ni d’une prestation de loisirs.

Je m’imprègne de l’ambiance qui règne en ce lieu. Il est curieux d’observer comment peu à peu s’installe une atmosphère paisible, recueillie, attentive. Ces inconnus qui se connaissent à peine ou pas du tout, forment un cercle de personnes reliées par une mystérieuse énergie douce et positive.

Chacun est là, pour soi, pour les autres, pour la vie tout simplement. Le public n’a pas à s’impliquer dans l’espace chamanique mais peut en recueillir certains bienfaits.

Les gestes du chaman, sont posés, mesurés. Je sens qu’ils sont agis en pleine conscience. Tout au long de la nuit, il sera ainsi présent, à conduire la cérémonie, à dialoguer avec la nature et les esprits au profit de la communauté éphémère de cette nuit. Il se donne sans bénéfice personnel et doit supporter de surcroît les errements psychiques des individus industrialisés que nous sommes avec toutes les perversions qui en découlent.

De quoi s’agit-il au fond ? Tout au long de la nuit, la cérémonie conduite par le chaman, nous fait revivre la création du monde, de l’homme, des difficultés qu’a l’être humain à assumer son existence, et à vivre ses expériences.
Le tambour élève notre âme, nous relie aux anciens, aux esprits, à la nature et à ses forces. Les symboles deviennent énergie, la Mythologie nous habite. Pendant quelques heures, nous changeons de monde, nous participons alors pleinement à la vie. Cette cérémonie est l’occasion de se relier, de se réunifier avec le monde, donc d’être en marche avec l’Univers.

Parfois, pendant la cérémonie, une personne du public se lève et va s’asseoir ou s’allonger sur une couverture placée près de l’autel. À ce que je sais, il arrive fréquemment qu’une personne  danse ou entre en transe. Elle reçoit alors de la part du chaman une guérison chamanique ou un oracle « Je comprend que c’est une chance de pouvoir vivre cette expérience ! »
( un visiteur )

Selon Joan Sigel Pinchu, une Cérémonie Tambour est un espace sacré dans lequel chaque personne présente accède à une nouvelle expérience de vie. La cérémonie, « lave » les stress, les tensions et apporte un bien-être particulier très bénéfique. Elle permet ainsi de repartir dans la vie avec « quelque chose « en plus.


Sur votre invitation, une cérémonie tambour peut être organisée.